Une nouvelle vague de violences a ensanglanté l’ouest du Soudan. En l’espace d’une semaine, plus d’une centaine de civils ont perdu la vie dans le Darfour-Nord, pris au piège d’affrontements intenses entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Frappes aériennes, attaques ciblant des zones habitées et déplacements massifs de population témoignent de l’enlisement d’un conflit que les Nations unies décrivent comme la plus grave crise humanitaire actuelle.
Samedi, la localité d’el-Zurq a été le théâtre de bombardements meurtriers. Selon une source médicale locale, au moins 51 civils ont été tués lors de frappes de drones attribuées à l’armée régulière. Un marché et plusieurs quartiers densément peuplés auraient été touchés.
La ville abrite des membres de la famille du général Mohamed Hamdan Daglo, chef des FSR. Parmi les victimes figureraient deux responsables militaires, Moussa Saleh Daglo et Awad Moussa Saleh Daglo, ainsi que Bachir Barma Berkah, en charge de l’administration locale, d’après un témoin présent lors des funérailles.
Kernoi endeuillée et vidée de ses habitants
Plus à l’ouest, à Kernoi, 63 civils ont été tués et 57 blessés lors d’attaques attribuées aux FSR, selon une autre source médicale. Dix-sept personnes restent introuvables.
Cette localité, située près de la frontière tchadienne et contrôlée par des forces alliées à l’armée, connaît un exode massif. Depuis la fin décembre, plus de 7.500 habitants ont fui Kernoi et la ville voisine d’Oum Barou, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). La majorité des déplacés appartient à la communauté zaghawa, fréquemment visée par les paramilitaires.
Le front s’élargit au Kordofan
Après la chute d’el-Facher fin octobre, dernière grande ville du Darfour qui échappait encore aux FSR, les paramilitaires ont consolidé leur emprise sur la région, malgré de nombreuses accusations d’exactions formulées par des ONG. Le conflit s’est depuis propagé vers le Kordofan, zone stratégique du pays.
Dimanche, la centrale électrique d’el-Obeid, capitale du Kordofan-Nord, a été la cible d’une attaque de drones, entraînant une panne générale d’électricité. La compagnie nationale Soudan Électricité impute cette opération aux FSR, qui encerclent actuellement la ville.
Depuis la mi-décembre, plus de 11.000 personnes ont fui le Kordofan-Nord et le Kordofan-Sud, toujours selon l’OIM, fuyant une violence qui ne montre aucun signe d’accalmie.
Thom Biakpa




