La proposition venue de Donald Trump suscite une vive controverse en Zambie. Au cœur des tensions : un projet d’aide américaine de 320 millions de dollars destiné au système de santé zambien pour 2026, mais assorti d’une condition jugée problématique par de nombreux observateurs.
Selon les informations révélées par l’ONG Health GAP, dirigée par Asia Russell, ce financement serait lié à la signature d’un accord bilatéral portant notamment sur l’accès des États-Unis aux ressources minières du pays. La Zambie, riche en cuivre et en cobalt, représente en effet un enjeu stratégique majeur dans le contexte mondial de transition énergétique.
Le document rendu public met en évidence une clause explicite : sans engagement sur les ressources naturelles, l’aide destinée à la lutte contre des maladies comme le VIH, la tuberculose ou le paludisme pourrait être annulée. Une approche qui provoque l’indignation de nombreux acteurs du secteur sanitaire.
Sur le terrain, la réaction est immédiate. Des professionnels de santé et des organisations locales dénoncent une forme de pression inacceptable. Pour eux, conditionner des financements vitaux à des intérêts économiques revient à instrumentaliser la santé publique.
Asia Russell insiste sur les dangers d’un tel mécanisme : les négociations internationales sont souvent déséquilibrées, mais lorsqu’elles touchent à la santé, les conséquences dépassent les frontières. Selon elle, toute manipulation dans ce domaine met en péril des populations entières.
Cette stratégie américaine ne serait pas isolée. Le Zimbabwe voisin aurait récemment rejeté une proposition similaire, affirmant que l’aide au développement ne doit pas servir de levier pour obtenir des avantages stratégiques sur les ressources naturelles.
Au-delà du cas zambien, cette affaire relance le débat sur les relations entre aide internationale et intérêts économiques. Entre coopération et rapport de force, la frontière semble plus floue que jamais.
Thom Biakpa




