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mardi, juillet 21, 2026
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Cameroun : L’absence prolongée de Paul Biya ravive le débat sur la continuité du pouvoir

Le séjour à l’étranger du président camerounais Paul Biya continue d’alimenter les interrogations au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour ce qui avait été présenté comme un « court séjour privé en Europe » en compagnie de son épouse, le chef de l’État n’a toujours pas regagné son pays quarante-quatre jours plus tard.

À 93 ans, cette longue absence nourrit de nombreuses spéculations, notamment sur son état de santé, en l’absence de toute communication officielle détaillée sur sa situation. Si la présidence continue de publier, sur les réseaux sociaux du Cabinet civil, des messages de félicitations adressés à plusieurs dirigeants étrangers, dont le président français Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet et le président du Monténégro pour la fête nationale du 13 juillet, aucune apparition publique ni information complémentaire n’est venue mettre fin aux interrogations.

Cette situation a rapidement pris une tournure politique. Le député de l’opposition Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel, afin qu’il constate une éventuelle vacance du pouvoir. De son côté, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) affirme ne pas vouloir spéculer sur la situation personnelle du président, mais estime que le fonctionnement normal des institutions ne saurait dépendre de l’incertitude entourant la présence effective du chef de l’État.

Le parti souligne qu’une absence prolongée hors du territoire national ne constitue pas, en elle-même, un cas de vacance du pouvoir. Il considère toutefois qu’elle soulève des questions sur la continuité de l’action gouvernementale, l’exercice effectif des prérogatives présidentielles et les procédures à appliquer en cas d’empêchement temporaire du chef de l’État.

Plusieurs observateurs estiment qu’une absence dépassant quarante-cinq jours pourrait justifier une intervention du Conseil constitutionnel. Toutefois, aucun texte en vigueur ne fixe une durée maximale pendant laquelle le président peut demeurer hors du territoire national.

L’UDC appelle ainsi à une réforme institutionnelle destinée à mieux encadrer les absences prolongées du chef de l’État, rappelant qu’aucun vice-président n’a été désigné depuis la révision constitutionnelle d’avril.

Face aux critiques, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), formation au pouvoir, s’efforce de calmer les inquiétudes. Dans un éditorial publié le 15 juillet dans L’Action, son journal officiel, le directeur de la propagande du parti, Christophe Mien Zok, a rejeté toute idée de vacance du pouvoir. « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », a-t-il affirmé, dénonçant ceux qui évoquent un fonctionnement des institutions « en pilotage automatique » tout en comptabilisant quotidiennement la durée du séjour du président à l’étranger.

Alors que les interrogations persistent, le débat dépasse désormais la seule personne de Paul Biya pour porter sur les mécanismes institutionnels encadrant l’exercice du pouvoir exécutif et la nécessité, selon une partie de l’opposition, de clarifier les règles applicables en cas d’absence prolongée du chef de l’État.

Thom Biakpa

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