Le gouvernement sénégalais a désormais levé toute incertitude concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Dans un communiqué publié ce lundi 20 juillet, les autorités ont annoncé leur soutien officiel à cette ambition internationale.
Cette décision intervient trois jours après la rencontre entre le président Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur au Palais de la République. Si cette audience, tenue le vendredi 17 juillet, avait été présentée comme un simple échange empreint de cordialité, elle débouche finalement sur une prise de position claire de l’État sénégalais.
À travers cette annonce, le chef de l’État a demandé au gouvernement ainsi qu’à l’ensemble des représentations diplomatiques du Sénégal de mener les démarches nécessaires afin de défendre et promouvoir la candidature de Macky Sall auprès des États membres des Nations unies.
Ce soutien était particulièrement attendu dans un contexte où la candidature de l’ancien président avait connu un revers au sein de l’Union africaine. Lors des discussions organisées en mars dernier, une vingtaine de pays africains, parmi lesquels figurait le Sénégal, s’étaient opposés à son investiture, affaiblissant ainsi ses chances de représenter le continent dans cette compétition internationale.
Sur le plan national, cette décision suscite toutefois des réactions contrastées. Plusieurs organisations de la société civile, ainsi que des proches des victimes des violences survenues lors des manifestations politiques entre 2021 et 2024, avaient déjà exprimé leur désaccord après la rencontre entre les deux hommes. Pour ces acteurs, l’appui officiel accordé aujourd’hui à Macky Sall pourrait être interprété comme une forme de réhabilitation politique de l’ancien chef de l’État.
L’ancien président continue par ailleurs, de faire l’objet de critiques liées à la situation économique du pays, notamment en raison des accusations portant sur une dette publique dissimulée qui aurait contribué à fragiliser les finances nationales.
Au-delà de son volet diplomatique, cette décision est également analysée sous un angle politique. Plusieurs observateurs estiment qu’elle pourrait traduire une volonté d’apaisement ou de rapprochement entre le pouvoir actuel et l’Alliance pour la République (APR), le parti fondé par Macky Sall. Cette évolution intervient alors que Bassirou Diomaye Faye est attendu dans les prochaines semaines pour lancer sa propre formation politique, une étape importante de la recomposition du paysage politique sénégalais.
Thom Biakpa




