dimanche, juillet 26, 2026
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Sénégal : Diomaye Faye tourne définitivement la page PASTEF avec la création de Kiiraay, son propre parti

Le paysage politique sénégalais connaît un tournant majeur. Deux ans après son accession à la magistrature suprême, le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé, ce samedi 25 juillet, la création de son propre parti politique, baptisé « Kiiraay – Les Patriotes Républicains ».

L’annonce, faite à l’occasion de l’Assemblée générale constitutive organisée au King Fahd Palace de Dakar, marque la rupture définitive avec le PASTEF, la formation qui l’avait porté au pouvoir en 2024 aux côtés d’Ousmane Sonko.
En choisissant le nom « Kiiraay », un terme wolof qui signifie « ce qui protège », le chef de l’État entend donner une nouvelle orientation à son engagement politique. Selon lui, cette formation est appelée à rassembler tous les citoyens attachés aux valeurs républicaines, au-delà des appartenances partisanes. « La Patrie d’abord », a-t-il déclaré devant les militants et sympathisants venus assister au lancement officiel.

Le nouveau parti est issu de la transformation de la coalition « Diomaye Président », qui avait servi de socle à sa victoire lors de l’élection présidentielle. Un congrès national est d’ores et déjà annoncé pour la fin de l’hivernage afin de mettre en place les instances dirigeantes sur l’ensemble du territoire, après une vaste tournée de mobilisation.

Cette création vient entériner une séparation politique amorcée depuis plusieurs mois entre Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié Ousmane Sonko. Les premiers signes de désaccord étaient apparus à la fin de l’année 2025 autour de divergences concernant certaines nominations au sein de la majorité. La fracture est devenue irréversible le 22 mai 2026 lorsque le président a mis fin aux fonctions de Premier ministre de Sonko, remplacé par Ahmadou Al Aminou Lo.

Depuis son départ du gouvernement, Ousmane Sonko a pris les rênes de l’Assemblée nationale, faisant désormais figure de principal contrepoids institutionnel au chef de l’État. Ces dernières semaines, il n’a d’ailleurs pas hésité à brandir la menace d’une motion contre l’exécutif, notamment sur les questions liées à la gestion des ressources pétrolières et gazières du pays.

L’intention de créer une nouvelle formation politique avait déjà été rendue publique le 4 juillet dernier. Depuis cette annonce, plusieurs personnalités proches de la présidence ont quitté leurs fonctions pour rejoindre le projet politique du chef de l’État, confirmant la recomposition progressive de son entourage.

La naissance de Kiiraay intervient toutefois dans un contexte économique particulièrement délicat. Le Sénégal demeure sous l’attention de ses partenaires financiers internationaux. Début juillet, le Fonds monétaire international estimait la dette publique à près de 132 % du produit intérieur brut, un niveau qui réduit considérablement les marges de manœuvre du gouvernement dans les discussions engagées avec les bailleurs.

Au-delà de la création d’un nouveau parti, cette séquence ouvre une configuration politique inédite dans l’histoire récente du Sénégal. Pour la première fois, le pouvoir exécutif est porté par Kiiraay, tandis que le pouvoir législatif est dominé par le PASTEF. Cette cohabitation, née de la rupture entre les deux anciens compagnons de route, inaugure une nouvelle phase de la vie politique sénégalaise dont les équilibres restent encore difficiles à prévoir.

En fondant Kiiraay – Les Patriotes Républicains, Bassirou Diomaye Faye tourne définitivement la page du PASTEF et affirme sa volonté de construire une nouvelle majorité autour de sa propre vision de l’État. Reste désormais à savoir si cette recomposition permettra d’assurer la stabilité des institutions ou si elle ouvrira une période de fortes confrontations entre les deux principaux pôles du pouvoir sénégalais.

Thom Biakpa

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