Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a effectué ce mardi une visite officielle à Bamako où il a été reçu par le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta. Cette rencontre, placée sous le signe de la coopération bilatérale, intervient dans un environnement régional marqué par de profondes mutations politiques et une dégradation persistante de la situation sécuritaire au Sahel.
Pour cette première visite au Mali depuis son accession à la présidence tournante de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le chef de l’État sénégalais a privilégié un message de solidarité et de dialogue. Après un entretien en tête-à-tête suivi d’une séance de travail réunissant les délégations des deux pays, les échanges ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment la sécurité, la lutte contre le terrorisme ainsi que les perspectives de coopération entre Dakar et Bamako.
À l’issue de la rencontre, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la disponibilité de son pays à accompagner le Mali face aux défis auxquels il est confronté.
« Le Sénégal restera aux côtés du Mali », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une réponse collective aux crises qui affectent l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. Le président sénégalais a également souligné que son engagement s’étendait à tous les pays de la région afin de favoriser une coopération renforcée dans un contexte particulièrement complexe.
Si Assimi Goïta n’a pas fait de déclaration publique après les discussions, cette rencontre traduit la volonté des deux dirigeants de maintenir un dialogue politique régulier malgré les évolutions institutionnelles qui redessinent les relations entre les États ouest-africains.
Au-delà des questions sécuritaires, les deux parties ont également abordé les enjeux économiques. Les difficultés qui pèsent sur les échanges commerciaux entre le Sénégal et le Mali figurent parmi les préoccupations communes, les deux gouvernements affichant leur volonté de renforcer les liens économiques et de faciliter la circulation des biens entre leurs territoires.
Cette visite intervient alors que le Mali fait face à une recrudescence des violences armées. Les affrontements opposant les forces armées maliennes aux groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ainsi qu’aux mouvements indépendantistes touaregs se sont intensifiés au cours des derniers mois, mettant à rude épreuve les capacités sécuritaires du pays.
Dans ce contexte, la perte de contrôle de la ville de Kidal au profit d’une coalition de groupes armés représente un revers important pour les autorités de la Transition, qui avaient fait de la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national un objectif majeur.
Sur le plan diplomatique, la rencontre de Bamako intervient également dans une période de recomposition régionale. Depuis leur retrait officiel de la Cedeao en janvier 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger poursuivent la consolidation de l’Alliance des États du Sahel (AES), une nouvelle organisation destinée à renforcer leur coopération politique, sécuritaire et économique.
Selon plusieurs sources diplomatiques, la visite de Bassirou Diomaye Faye s’est toutefois déroulée dans un cadre exclusivement bilatéral. Le président sénégalais ne représentait pas officiellement la Cedeao, tandis qu’Assimi Goïta s’exprimait en qualité de chef de l’État malien, sans mandat au nom de l’AES.
Cette démarche illustre la volonté de Dakar et de Bamako de préserver des relations de bon voisinage et de maintenir un dialogue permanent, indépendamment des nouvelles configurations institutionnelles qui façonnent désormais l’espace ouest-africain. Dans une région confrontée à des défis sécuritaires, économiques et politiques de grande ampleur, les deux capitales entendent ainsi privilégier la concertation et la coopération comme leviers de stabilité.
Thom Biakpa




