mercredi, juillet 29, 2026
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Est de la RDC : Kinshasa annonce un accord de reddition avec les combattants des FDLR, Kigali rejette l’initiative et dénonce une « manipulation »

Le gouvernement de la République démocratique du Congo affirme avoir franchi une étape importante dans le processus de neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Les autorités congolaises ont annoncé la signature d’un protocole de reddition avec ce groupe armé actif dans l’est du pays, une avancée qui s’inscrit dans les engagements pris par Kinshasa dans le cadre de l’accord de paix conclu à Washington.

L’annonce a été faite lundi soir par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, lors d’une intervention diffusée sur la télévision nationale. Avant de présenter les grandes lignes du protocole, le ministre est revenu sur l’historique de la présence des FDLR en RDC, rappelant que ce mouvement est composé en partie d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994. Depuis plusieurs années, Kigali invoque l’existence de cette rébellion pour justifier ses opérations militaires sur le territoire congolais.

Selon Floribert Anzuluni, les discussions ayant conduit à cet accord ont été précédées de plusieurs tentatives de désarmement. Une première campagne de sensibilisation menée en octobre 2025 n’avait pas produit les résultats attendus. Les négociations auraient toutefois repris après une phase de déploiement militaire engagée en mars dernier, ouvrant la voie à un compromis entre les différentes parties.

Bien que le contenu intégral du protocole n’ait pas encore été rendu public, les autorités congolaises indiquent que les FDLR se sont engagées à déposer les armes et à rejoindre un site de cantonnement. Une fois cette étape achevée, les combattants concernés devraient soit être rapatriés au Rwanda, soit être accueillis dans un pays tiers disposé à recevoir les ex-combattants démobilisés.

L’accord prévoit également que les membres du groupe faisant l’objet de poursuites judiciaires répondent de leurs actes devant la justice. En contrepartie, les FDLR réclament des garanties de sécurité pendant la période de cantonnement. Elles demandent notamment que le camp destiné à les accueillir soit situé loin des zones de combat et offre des conditions jugées appropriées.

Plusieurs aspects du processus restent toutefois à préciser. Les autorités n’ont pas encore indiqué où sera implanté le futur site de cantonnement ni le calendrier de mise en œuvre de l’accord. Le ministre de l’Intégration régionale a annoncé qu’un plan opérationnel détaillé sera présenté dans les prochains jours. Celui-ci devrait définir le chronogramme des opérations, le financement du dispositif ainsi que les responsabilités des différents acteurs impliqués. Kinshasa espère par ailleurs bénéficier de l’appui de ses partenaires internationaux pour assurer l’application du protocole.

Dans cette perspective, Floribert Anzuluni a récemment effectué une tournée diplomatique dans plusieurs pays africains et européens, notamment au Burundi, en Ouganda, en Angola, en Afrique du Sud, au Togo, en France et en Belgique, afin de présenter cette initiative. Mardi matin, il a également réuni les membres du corps diplomatique accrédités en RDC pour leur exposer les contours de l’accord.

Jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté des partenaires internationaux de la RDC. En revanche, le Rwanda a rapidement exprimé son désaccord. Le ministre rwandais des Affaires étrangères a estimé que ce protocole ne respecte pas les dispositions de l’accord de Washington. Kigali considère cette initiative comme une « manipulation » orchestrée par Kinshasa et la qualifie de « non-événement ».

Thom Biakpa

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