mercredi, août 12, 2026
spot_img

Mali : Accusé d’« association de malfaiteurs », 10 ans de prison requis contre l’animateur Ras Bath, le verdict attendu le 17 août

Le procès de l’animateur et chroniqueur malien Youssouf Bathily, plus connu sous le nom de Ras Bath, et de l’influenceuse Rokia Doumbia, surnommée « Rose, la vie chère », s’est poursuivi mardi 11 août devant la cour d’appel de Bamako, dans un climat particulièrement tendu. À l’issue des débats, le ministère public a requis dix années de prison ferme contre Ras Bath et une peine identique contre Rokia Doumbia, dont cinq ans assortis du sursis.

Les deux prévenus sont poursuivis pour des faits d’« association de malfaiteurs » et d’« atteinte au crédit de l’État ». La défense, qui conteste les accusations, a plaidé pour leur relaxe.

Une audience sous haute surveillance

Pour cette deuxième journée d’audience, les autorités avaient renforcé le dispositif de sécurité autour de la Cour d’appel de Bamako. La séance s’est tenue à huis clos, après une première journée marquée par la forte mobilisation des partisans de Ras Bath. Lundi, le chroniqueur avait notamment été porté en triomphe à sa sortie du tribunal, tandis que ses soutiens scandaient des slogans réclamant sa libération.

Mardi, les débats ont principalement porté sur les liens supposés entre Ras Bath et Rokia Doumbia. Pour le parquet, les deux affaires ne peuvent être dissociées. Le procureur a ainsi soutenu l’existence d’une entente entre les deux prévenus, présentés comme agissant dans le cadre d’une même entreprise.

Le ministère public a également justifié la sévérité de ses réquisitions par la situation politique actuelle au Mali. Selon lui, maintenir Ras Bath en liberté pourrait constituer une menace pour les autorités en place et pour la dynamique politique engagée dans le pays.

La défense conteste les éléments du dossier

Face aux accusations du parquet, les avocats des prévenus ont vigoureusement contesté l’existence d’une quelconque association criminelle entre leurs clients. Pour étayer leur argumentation, ils se sont appuyés sur les procès-verbaux d’audition versés au dossier.

Selon la défense, aucun des deux prévenus n’aurait été interrogé au cours de la procédure sur l’existence d’un acte délictueux qu’ils auraient commis conjointement. Les avocats remettent ainsi en question le fondement même de l’accusation d’« association de malfaiteurs ».

Ils ont par ailleurs renouvelé leur demande visant à faire écarter les enregistrements audio utilisés comme éléments de preuve devant la cour. Pour la défense, ces documents ne sauraient, dans les conditions actuelles, justifier les poursuites engagées contre leurs clients.

Le verdict attendu le 17 août

Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, la cour d’appel a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le lundi 17 août.

Très suivi au Mali, le procès de Ras Bath intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. La personnalité du chroniqueur, connu pour ses prises de position critiques, ainsi que la mobilisation de ses partisans autour du tribunal donnent à cette procédure une portée qui dépasse le seul cadre judiciaire.

Pour l’heure, la cour devra trancher entre les réquisitions sévères du ministère public et la demande de relaxe formulée par la défense.

Thom Biakpa

About Author

Articles liés

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Nos Reseaux

42,000FansLike
21,600SubscribersSubscribe
- Advertisement -spot_img

Economie

POLITIQUE

SOCIETE