En déplacement en Angola, troisième étape de son voyage apostolique en Afrique après l’Algerie et le Cameroun, le Pape Léon XIV a été accueilli avec ferveur, samedi après-midi à Luanda, par une foule nombreuse, avant d’entamer une série de rencontres officielles, dont un entretien avec le président João Lourenço.
Dès ses premières prises de parole, le ton était donné : celui d’un appel clair à repenser les priorités économiques et politiques, tant au niveau national qu’international.
Dans son discours devant les autorités angolaises, le pape a insisté sur la richesse du pays, qu’il a décrite comme un patrimoine inestimable, dépassant la seule valeur matérielle. Il a dénoncé avec vigueur les conséquences humaines et environnementales d’un modèle extractiviste qu’il juge destructeur. Selon lui, l’exploitation intensive des ressources naturelles alimente des inégalités profondes et engendre des « catastrophes sociales et environnementales » dont les populations paient le prix.
Au-delà du constat, Léon XIV a lancé un appel à la responsabilité des dirigeants. Il les a exhortés à placer le bien commun au-dessus des intérêts particuliers, tout en les invitant à ne pas craindre les voix discordantes. Dans un pays marqué par une longue domination politique et une population majoritairement jeune, il a plaidé pour une ouverture à la diversité des idées et à l’expression des aspirations citoyennes.
Le pape a également élargi son message à l’ensemble du continent africain, soulignant l’urgence de surmonter les conflits qui fragilisent les sociétés et freinent le développement. Pour lui, la paix reste une condition essentielle pour construire un avenir plus juste et inclusif.
Cette thématique s’est prolongée le lendemain dimanche, lors d’une messe célébrée à Kilamba devant des dizaines de milliers de fidèles. À l’issue de la célébration, lors de la prière du Regina Caeli, Léon XIV a évoqué plusieurs crises internationales. Il a exprimé son inquiétude face à l’intensification des violences en Ukraine, tout en appelant à un cessez-le-feu durable et au dialogue. Il a également salué la trêve récente au Liban comme un signe encourageant, tout en insistant sur la nécessité de transformer ces accalmies en paix durable.
Ainsi, cette visite en Angola apparaît comme bien plus qu’un déplacement pastoral. Elle s’inscrit dans une volonté affirmée de porter un message global : celui d’un monde où la dignité humaine, la justice sociale et la paix priment sur les logiques de domination économique et les conflits armés.
Thom Biakpa




