Dans un contexte diplomatique délicat, marqué par des relations tendues entre le Burkina Faso et l’Union africaine (UA), le président burundais Évariste Ndayishimiye a entamé, ce lundi 20 avril, une visite officielle dans la capitale burkinabè. À la fois symbolique et stratégique, ce déplacement s’inscrit dans une tentative de rapprochement après plusieurs mois de crispations.
Accueilli à son arrivée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabè, le président en exercice de l’Union africaine a rapidement pris la direction du palais présidentiel pour un entretien dont les détails n’ont pas été rendus publics. Cette discrétion n’empêche pas les observateurs d’y voir une volonté claire de relancer les échanges entre Ouagadougou et l’organisation continentale.
Depuis le coup d’État d’octobre 2022, le Burkina Faso est suspendu des instances de l’Union africaine, à l’instar du Mali et du Niger, également dirigés par des régimes militaires. Une situation qui a progressivement isolé ces pays sur la scène institutionnelle africaine, tout en renforçant leurs alliances régionales, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel.
Malgré cette mise à l’écart, les canaux de communication n’ont jamais été totalement interrompus. Des initiatives ponctuelles ont permis de maintenir un minimum de dialogue, comme la visite à Ouagadougou en février 2023 du président de la Commission de l’époque, ou encore l’envoi d’un émissaire en 2025 pour une mission d’écoute.
La venue d’Évariste Ndayishimiye semble aujourd’hui marquer une étape supplémentaire dans cette dynamique prudente de rapprochement. Le président burundais avait d’ailleurs récemment insisté sur la nécessité de restaurer l’ordre constitutionnel dans la région sahélienne, tout en soulignant l’importance de ne pas rompre le lien avec les États concernés.
Au-delà des discussions politiques, le programme du chef d’État prévoit également la visite de plusieurs infrastructures socio-économiques à Ouagadougou, signe d’une approche qui se veut à la fois diplomatique et concrète.
Reste à savoir si cette visite ouvrira la voie à une normalisation progressive des relations entre le Burkina Faso et l’Union africaine, ou si elle ne constituera qu’une étape supplémentaire dans un processus encore incertain.
Thom Biakpa




