Au Niger, le paysage des organisations non gouvernementales connaît un bouleversement sans précédent. En 2025, les autorités militaires ont décidé de suspendre près de 2.900 ONG, soit plus de la moitié des structures officiellement recensées dans le pays. Une mesure radicale qui redéfinit en profondeur le rôle et la présence de ces acteurs du développement.
Cette décision a été rendue publique par le ministre de l’Intérieur, le général Mohamed Toumba, qui a précisé que seules environ 1.800 organisations restent aujourd’hui autorisées à opérer. Derrière ces chiffres, le gouvernement évoque une volonté claire : reprendre le contrôle d’un secteur jugé trop opaque.
Les autorités parlent d’un processus d’« assainissement », destiné à imposer davantage de rigueur administrative et financière. Plusieurs ONG seraient ainsi sanctionnées pour ne pas avoir respecté certaines obligations, notamment la publication régulière de leurs rapports financiers. L’objectif affiché est aussi de s’assurer que leurs actions correspondent aux priorités nationales.
Mais au-delà des questions de gouvernance, le contexte sécuritaire joue un rôle central. Depuis le coup d’État de 2023 mené par le général Abdourahamane Tiani, le pouvoir accuse certaines organisations de liens troubles avec des groupes armés. Des accusations graves, dans un pays confronté à des violences persistantes.
Cette dynamique ne se limite pas au Niger. Dans la région du Sahel, d’autres États suivent une trajectoire similaire. Le Burkina Faso, notamment, a lui aussi renforcé son contrôle sur les ONG en 2025, imposant de nouvelles contraintes administratives. Une évolution notable, alors même que ces structures représentent un soutien financier important pour les économies locales.
Ainsi, entre exigences de souveraineté, impératifs sécuritaires et besoin de transparence, les ONG évoluent désormais dans un environnement de plus en plus contraint au Sahel.
Thom Biakpa




