À Lomé, la diplomatie togolaise confirme son sens de l’équilibre. En recevant le 23 avril 2026 le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a illustré une stratégie désormais assumée : dialoguer avec tous, sans s’aligner entièrement sur aucun camp.
Cette visite intervient dans un contexte particulier, marqué par la récente présentation à Lomé de la stratégie togolaise pour le Sahel (2026-2028). Ce document, porté par le chef de la diplomatie togolaise Robert Dussey, positionne le pays comme un acteur pivot entre les États sahéliens et leurs partenaires internationaux. L’ambition est claire : faire du Togo un espace de dialogue, mais aussi une plateforme logistique essentielle pour les pays enclavés de la région.
Au cœur des échanges entre Lomé et Paris, la question sahélienne s’est imposée comme prioritaire. Le ministre français a salué le rôle « déterminant » que joue le Togo dans une région en pleine recomposition, notamment auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) composés du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont pris leurs distances avec la CEDEAO et rompu avec la présence militaire française.
Dans ce jeu d’équilibriste, le Togo maintient ses liens historiques avec la France, tout en renforçant ses relations avec des voisins engagés dans une dynamique de rupture vis-à-vis des partenaires occidentaux. Une posture qui traduit une volonté de médiation, mais aussi un pragmatisme économique, notamment autour du rôle stratégique du port de Lomé pour les échanges régionaux.
Au-delà du Sahel, les discussions ont également porté sur des enjeux internationaux plus larges, notamment la situation au Iran et au Moyen-Orient. Aucun accord concret n’a été annoncé, mais les deux parties ont affiché leur volonté de poursuivre un dialogue étroit.
Reste désormais l’épreuve des faits. La stratégie sahélienne du Togo, saluée par ses partenaires, devra prouver son efficacité sur le terrain. Un premier bilan est attendu d’ici 2028, et pourrait confirmer ou non la capacité de Lomé à s’imposer comme un acteur incontournable dans une région en quête de stabilité.
Thom Biakpa




