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mercredi, juin 10, 2026
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RDC : Tshisekedi lorgne un troisième mandat et agite le spectre d’un report de la présidentielle

À deux ans de la prochaine présidentielle, le débat politique s’intensifie déjà en République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une conférence de presse organisée, mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a tenu des propos qui relancent les spéculations autour de son avenir politique et de celui du calendrier électoral congolais.

Le chef de l’État, en fonction depuis 2019 et réélu en 2023, n’a pas fermé la porte à l’hypothèse d’un maintien au pouvoir au-delà de son second mandat. Sans annoncer officiellement une candidature future, il a déclaré qu’il pourrait continuer sa mission si la population le demandait. Une perspective qui impliquerait nécessairement une modification de la Constitution congolaise, actuellement limitée à deux mandats présidentiels.

Pour le président congolais, une telle évolution devrait passer par la voie référendaire. Cette prise de position intervient alors que plusieurs figures de l’opposition dénoncent depuis des mois un projet supposé de réforme constitutionnelle destiné à prolonger son règne politique après 2028.

Mais au-delà de la question du troisième mandat, c’est surtout l’avenir du scrutin présidentiel qui suscite désormais des interrogations. Félix Tshisekedi a estimé qu’il serait difficile d’organiser les élections si la guerre persistait dans l’est du pays. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent confrontées à l’insécurité liée aux offensives du mouvement armé M23, que Kinshasa accuse d’être soutenu par le Rwanda.

Le président a ainsi laissé entendre qu’un maintien du conflit pourrait empêcher la tenue du scrutin de 2028 dans des conditions jugées acceptables. Une déclaration qui risque d’alimenter davantage les tensions politiques dans le pays, alors que la question de la stabilité institutionnelle demeure sensible.

Au cours de cette même rencontre avec la presse, le dirigeant congolais est également revenu sur les discussions engagées avec les États-Unis autour des minerais stratégiques. Il a défendu les accords en cours avec Washington, affirmant qu’ils visent à renforcer les investissements et la coopération économique sans compromettre les intérêts nationaux.

Selon lui, certaines réformes envisagées dans ce cadre pourraient nécessiter des ajustements institutionnels, notamment dans le secteur de la justice. Il a cependant rejeté les accusations de concessions excessives sur les ressources minières du pays et nié toute transaction financière secrète avec les autorités américaines.

Ces annonces interviennent dans un climat régional particulièrement fragile. Malgré les initiatives diplomatiques récentes et les efforts de médiation internationale entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, les combats se poursuivent dans l’est congolais, nourrissant les inquiétudes sur l’avenir politique et sécuritaire du pays.

Thom Biakpa

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