Quelques mois seulement après avoir quitté le palais présidentiel, Patrice Talon revient au cœur de la scène politique béninoise. L’ancien chef de l’État a été porté, jeudi 6 août, à la présidence du tout nouveau Sénat du Bénin, une institution créée dans le cadre de la réforme constitutionnelle adoptée en 2025.
L’ex-président a largement remporté le scrutin interne avec 24 voix sur les 25 suffrages exprimés. Un seul bulletin blanc a été enregistré. Cette élection marque l’installation officielle d’une nouvelle étape dans l’organisation institutionnelle du pays, avec la mise en place de cette chambre haute destinée à compléter le fonctionnement du Parlement.
Entré en activité à la fin du mois de juillet, le Sénat béninois compte 25 membres. Sa composition repose notamment sur la présence d’anciens présidents de la République et de personnalités choisies par le chef de l’État en fonction. Parmi ses membres figurent notamment Thomas Boni Yayi, Nicéphore Soglo et Paul Hounkpè, ancien candidat de l’opposition à l’élection présidentielle.
Une institution appelée à jouer un rôle de régulation
Lors de son discours après son élection à Porto-Novo, Patrice Talon a placé son mandat sous le signe du rassemblement. Il a affirmé vouloir contribuer au renforcement de la cohésion nationale, de la stabilité politique, de la paix et de la démocratie.
Le nouveau président du Sénat a également insisté sur sa volonté de faire de cette institution un espace de dialogue et de collaboration entre ses membres, évoquant l’idée d’un Sénat considéré comme « une famille » au service des institutions républicaines.
La création de cette chambre haute constitue l’une des transformations majeures issues de la révision constitutionnelle de novembre 2025. Selon ses promoteurs, elle doit permettre d’apporter davantage d’équilibre dans le système politique béninois et de favoriser une meilleure continuité institutionnelle.
Un retour remarqué après dix années à la tête du pays
L’accession de Patrice Talon à la présidence du Sénat intervient dans un contexte particulier. Après deux mandats à la tête du Bénin, de 2016 à 2026, il avait quitté le pouvoir à l’issue de la présidentielle d’avril dernier, laissant la place à Romuald Wadagni, son ancien ministre de l’Économie, élu nouveau président de la République.
Avec cette nouvelle fonction, Patrice Talon conserve une influence majeure dans la vie publique béninoise. Son arrivée à la tête du premier Sénat de l’histoire du pays ouvre une nouvelle séquence politique, marquée par la coexistence entre anciens dirigeants, nouvelles autorités et institutions récemment réformées.
Thom Biakpa




