L’état de santé de Guy Hervé Kam, figure de l’opposition burkinabè et cofondateur du mouvement citoyen Balai citoyen, a suscité de vives préoccupations au début du mois de juin. Détenu depuis janvier 2024 sans avoir encore été jugé, l’avocat a dû être pris en charge dans un établissement hospitalier de la capitale après l’apparition de douleurs importantes.
Selon plusieurs sources concordantes, Guy Hervé Kam a été victime, le 3 juin, de fortes douleurs au niveau du dos et de l’épaule alors qu’il se trouvait à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). Face à la persistance des symptômes, les autorités ont autorisé son transfert vers une structure médicale spécialisée de Ouagadougou, afin qu’il puisse subir des examens approfondis.
L’opération s’est déroulée dans un contexte sécuritaire particulièrement renforcé. Considéré comme l’un des détenus les plus sensibles du pays en raison de son statut d’avocat et de responsable politique poursuivi pour des faits liés à une présumée atteinte à la sûreté de l’État, son déplacement a mobilisé un important dispositif militaire.
Aux abords de la Polyclinique internationale de Ouagadougou, située dans le quartier résidentiel de Ouaga 2000, des véhicules blindés ainsi qu’un important contingent de militaires ont été déployés pour sécuriser les lieux. Les accès à l’établissement ont été étroitement contrôlés durant toute la durée de son séjour.
Les examens médicaux réalisés à son arrivée ont conduit les praticiens à recommander son hospitalisation. Guy Hervé Kam y est resté pendant environ une semaine. Cette période n’aurait toutefois pas été exempte de tensions entre les équipes médicales et les forces de sécurité, ces dernières se montrant particulièrement réticentes à prolonger son maintien hors du cadre carcéral.
Après plusieurs échanges, les médecins ont obtenu que le patient poursuive son traitement à l’hôpital jusqu’à stabilisation de son état. Pendant toute la durée de son hospitalisation, les déplacements du personnel, des visiteurs et des autres patients ont fait l’objet d’une surveillance stricte. Le 10 juin, Guy Hervé Kam a finalement quitté l’établissement médical pour regagner sa cellule à la MACA.
D’après plusieurs sources proches du dossier, son état de santé se serait amélioré. Il continuerait néanmoins à bénéficier d’un suivi médical régulier tout en restant placé sous une surveillance sécuritaire renforcée.
Cette hospitalisation remet en lumière la situation de l’un des détenus les plus connus du Burkina Faso, dont l’incarcération continue de susciter de nombreux débats au sein de la société civile et de la classe politique.
Thom Biakpa




