Au Burkina Faso, les autorités poursuivent leur volonté de remodeler les codes institutionnels en accord avec leur projet politique. Une nouvelle directive du Premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, prévoit désormais l’emploi systématique du mot « camarade » au sein de l’administration publique.
Selon une note diffusée le 1er juin à l’ensemble des ministères et institutions du pays, cette appellation devra être utilisée dans les correspondances administratives, les interventions officielles ainsi que lors des prises de parole publiques. La mesure concerne aussi bien les responsables gouvernementaux que les agents de l’État.
Le chef du gouvernement justifie cette décision par la nécessité de promouvoir des valeurs d’égalité, de fraternité et de solidarité entre les dirigeants et les citoyens. Cette orientation s’inscrit dans la vision du « Faso Nouveau » défendue par les autorités de transition et dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire qu’elles souhaitent mettre en œuvre.
Cette réforme linguistique vient s’ajouter à d’autres changements symboliques déjà engagés par le pouvoir. En janvier dernier, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité sociale avait été rebaptisé ministère des « Serviteurs du Peuple ». Dans le même esprit, le ministère de la Défense avait pris le nom de ministère de la Guerre et de la Défense patriotique.
Avec la généralisation du terme « camarade » dans les échanges officiels, les autorités entendent renforcer le vocabulaire associé à leur projet politique et affirmer davantage l’identité idéologique de la transition en cours.
Thom Biakpa




