Le gouvernement burkinabè renforce le contrôle des départs d’étudiants vers les universités étrangères. Réuni en Conseil des ministres le jeudi 25 juin, l’exécutif a adopté un décret qui rend désormais obligatoire une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur pour tout étudiant souhaitant poursuivre un cursus hors du Burkina Faso.
Cette nouvelle disposition concerne aussi bien les bénéficiaires de bourses d’études que les étudiants finançant eux-mêmes leur formation. Aucun départ pour des études à l’étranger ne pourra désormais être effectué sans l’accord officiel des autorités compétentes.
Selon le ministre de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, cette réforme vise à permettre à l’État d’assurer un meilleur suivi des parcours académiques des étudiants burkinabè à l’étranger. Les autorités souhaitent également veiller à la cohérence des formations suivies avec les orientations nationales, anticiper les difficultés rencontrées par certains diplômés à leur retour et faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi.
Chaque année, plusieurs milliers de jeunes Burkinabè choisissent de poursuivre leurs études hors de leur pays. La France figure parmi les principales destinations. D’après les chiffres de Campus France, près de 2 500 étudiants burkinabè étaient inscrits dans des établissements français en 2022.
Cette nouvelle réglementation intervient dans un contexte où les étudiants burkinabè ont déjà connu des obstacles à leur mobilité internationale. En 2023, la France avait suspendu la délivrance des visas à Ouagadougou, une décision qui concernait également le Mali et le Niger, sur fond de tensions diplomatiques avec ces trois pays aujourd’hui réunis au sein de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Par ailleurs, le gouvernement poursuit ses réformes dans le secteur de l’éducation. Depuis mai 2025, une immersion patriotique obligatoire a été instaurée pour tous les élèves admis au baccalauréat. Cette formation d’un mois, à laquelle ont participé environ 60 000 nouveaux bacheliers, a pour objectif de renforcer le civisme et l’engagement patriotique des jeunes. Sa validation est désormais une condition indispensable pour accéder aux universités publiques du Burkina Faso.
Thom Biakpa




