La filière anacarde burkinabè accélère sa montée en puissance sur le segment de la transformation locale. Le groupe suisse Gebana Faso a mis en service le 6 juin dernier une unité de transformation à Péni, dans la région du Guiriko au sud-ouest du pays, au sein d’un complexe agroindustriel s’étendant sur 7,2 hectares. D’une capacité de traitement de 10 000 tonnes de noix par an, l’installation s’appuie sur un réseau d’approvisionnement de 7 200 producteurs locaux.
Cette inauguration intervient quelques mois après celle de l’unité Burkina Cajou à Bobo-Dioulasso, lancée en décembre 2025 par le président Ibrahim Traoré pour un coût de 9,74 milliards FCFA et une capacité de 150 000 tonnes par an, la plus grande du pays. Ces deux mises en service consécutives illustrent une dynamique sectorielle portée par un objectif clair : le Comité interprofessionnel de l’Anacarde du Burkina Faso (CIAB) vise à transformer localement 50 % de la production nationale d’ici 2033, contre environ 10 % aujourd’hui.
Le défi reste néanmoins structurel. La production nationale s’établit en moyenne à près de 140 000 tonnes par an sur la période 2018-2022, mais selon le service N’kalô, seules 15 400 tonnes ont été transformées localement en moyenne entre 2021 et 2025. La principale tension tient à l’arbitrage entre exportation brute — jugée plus rentable à court terme pour les producteurs — et approvisionnement des unités locales. Pour y répondre, le gouvernement a suspendu les exportations de noix brute en mars 2025 avant de les rouvrir en mai, tout en se réservant le droit de réinstaurer la mesure si les besoins industriels nationaux venaient à ne plus être couverts.
La filière a généré 67,5 milliards FCFA de recettes à l’export en 2024, selon l’INSD, confirmant son rôle stratégique dans le portefeuille agricole burkinabè aux côtés du coton et du karité.




