À quelques jours du lancement officiel du processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall a exposé sa vision de l’avenir de l’organisation devant l’Assemblée générale à New York. Seul candidat africain parmi les six personnalités en lice, il entend faire valoir son expérience politique et diplomatique pour succéder à Antonio Guterres, dont le mandat prendra fin le 1er janvier 2027.
Lors de cette audition publique, retransmise en direct par la web TV des Nations unies, les candidats ont répondu pendant une heure et demie à une série de questions provenant des États membres, du personnel de l’ONU et d’organisations de la société civile. L’exercice visait à permettre à chacun de présenter ses priorités face aux nombreux défis auxquels l’institution est confrontée.
Face aux représentants des États membres, Macky Sall a plaidé pour une transformation du fonctionnement de l’ONU. Selon lui, l’organisation doit gagner en efficacité en modernisant ses méthodes de travail et en accélérant sa transition numérique afin de mieux répondre aux enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle. Il a notamment estimé que le grand nombre de mandats et de réunions annuelles devait désormais être évalué à l’aune de leurs résultats concrets.
Le candidat sénégalais a également insisté sur la mission de médiation qui incombe au secrétaire général. À ses yeux, le titulaire du poste doit pouvoir dialoguer avec l’ensemble des acteurs impliqués dans les crises internationales, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité, afin de maintenir des canaux de communication ouverts quelles que soient les tensions.
Pour illustrer cette approche, il a évoqué son passage à la présidence de l’Union africaine au début de la guerre en Ukraine. Il a rappelé avoir multiplié les échanges avec les différentes parties, estimant qu’un responsable international doit préserver le dialogue en toutes circonstances afin de favoriser la recherche de solutions.
Sur le plan financier, Macky Sall a reconnu les difficultés budgétaires que traverse actuellement l’Organisation des Nations unies. Il considère que cette situation traduit avant tout une perte de confiance entre l’institution et ses États membres. En cas d’élection, il promet davantage de transparence dans la gestion des ressources, avec une présentation ouverte des comptes de l’organisation et de ses projets de réformes budgétaires et administratives.
L’ancien chef de l’État sénégalais souhaite également remettre au premier plan la question de la réforme de l’architecture financière internationale. Selon lui, les besoins des pays en développement dépassent les capacités du seul financement public. Il plaide pour une implication accrue du secteur privé et pour un dialogue réunissant États, institutions financières internationales, agences de notation et représentants de la société civile afin de rendre les mécanismes de financement plus équitables.
Il estime notamment que les pays en développement continuent de supporter des coûts d’emprunt largement supérieurs à ceux des économies développées, un déséquilibre qu’il juge nécessaire de corriger.
La compétition pour le poste de secrétaire général reste ouverte. Outre Macky Sall, cinq autres personnalités sont candidates : la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett. Dans un contexte où une rotation informelle entre les grandes régions du monde est traditionnellement observée, plusieurs observateurs estiment que les candidatures d’Amérique latine et des Caraïbes pourraient bénéficier d’un avantage.
La candidature de Macky Sall intervient par ailleurs, dans un contexte politique particulier au Sénégal. Depuis son départ du pouvoir, les nouvelles autorités l’accusent d’avoir dissimulé une dette d’environ sept milliards de dollars à la fin de son mandat, des accusations qui alimentent le débat politique dans son pays.
Thom Biakpa




