Le Gabon cherche activement à bâtir une filière avicole locale compétitive avant l’entrée en vigueur, en janvier 2027, de l’interdiction des importations de poulet de chair décidée par le gouvernement en mai 2025. C’est dans ce contexte que le président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 9 juin 2026 une délégation du groupe guinéen SONOCO, conglomérat basé à Conakry et actif dans la minoterie, l’agroalimentaire, la logistique et la métallurgie.
Le projet présenté couvre l’ensemble de la chaîne de valeur avicole : production locale de matières premières végétales, usine d’aliments pour volailles, couvoirs, poussinières, fermes d’élevage et abattoir industriel aux normes internationales. L’ambition affichée est de porter la production annuelle à plus de 15 millions de poulets de chair, un volume qui permettrait, selon SONOCO, de couvrir intégralement la demande nationale et d’éliminer les importations sur ce segment.
Le défi est considérable. Le Gabon importe chaque année environ 55 000 tonnes de volaille pour une production locale estimée à moins de 4 000 tonnes, soit un déficit représentant plus de 90 % de la consommation nationale et évalué à plus de 60 milliards FCFA annuels. L’échéance réglementaire de 2027 crée mécaniquement une opportunité industrielle de grande envergure pour les investisseurs capables de répondre dans les délais.
SONOCO s’appuie sur un précédent crédible : en Guinée, sa filiale FERMAV Industries, soutenue par l’IFC à hauteur de 20 millions de dollars, est en phase finale de démarrage. Mais le calendrier gabonais demeure serré. Le communiqué présidentiel indique que « les procédures administratives et foncières sont en cours de finalisation avec les ministères concernés », ce qui signifie que les arbitrages essentiels restent ouverts, sans montant d’investissement ni bailleur institutionnel annoncés à ce stade.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large d’investisseurs africains répondant à l’appel lancé lors du Forum de Kigali de mai 2026, où le Gabon avait officiellement sollicité des partenaires du continent pour accompagner sa transformation économique.




