Le Niger a officialisé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI). La décision a été formellement notifiée aux Nations unies à travers une lettre adressée au Secrétaire général, Antonio Guterres, qui en a pris acte le 22 juin 2026. Conformément aux dispositions du Statut de Rome, ce retrait ne prendra effet qu’au terme d’un délai d’un an.
Jusqu’à cette échéance, les autorités nigériennes demeurent tenues de respecter leurs engagements envers la juridiction internationale et de coopérer avec celle-ci dans le cadre des procédures en cours ou à venir. Cette période transitoire permettra à la CPI de maintenir ses relations institutionnelles avec le pays malgré la décision de retrait.
Dans la notification transmise à l’ONU, Niamey justifie sa décision par une perte de confiance à l’égard de l’institution. Les autorités nigériennes reconnaissent que la création de la Cour avait suscité d’importants espoirs auprès des peuples attachés aux valeurs de justice et de paix.
Toutefois, elles estiment que l’organisation s’est progressivement éloignée de sa mission initiale, dénonçant ce qu’elles considèrent comme des détournements de son mandat ainsi que des instrumentalisations de son action.
Cette décision intervient dans un contexte régional marqué par une remise en question croissante de certaines institutions internationales. En septembre dernier, l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Niger, le Mali et le Burkina Faso, avait évoqué la possibilité d’un retrait collectif de la CPI. Cette position commune traduisait les critiques formulées par les trois pays à l’égard de plusieurs organisations internationales jugées insuffisamment attentives aux réalités et aux préoccupations sécuritaires de la région.
Cependant, à ce stade, le Niger apparaît comme le seul membre de l’AES à avoir concrétisé cette menace. Selon plusieurs sources, ni le Mali ni le Burkina Faso n’ont encore engagé de procédure officielle en vue de quitter la Cour pénale internationale.
Le retrait nigérien constitue ainsi un signal fort sur la scène diplomatique africaine et internationale. Il relance également le débat sur la place de la CPI dans la gouvernance mondiale de la justice pénale, ainsi que sur les critiques récurrentes portant sur son fonctionnement et son impartialité. Au cours des prochains mois, l’évolution des positions de Bamako et de Ouagadougou sera suivie avec attention, alors que l’avenir des relations entre les États du Sahel et les institutions judiciaires internationales demeure une question centrale.
Thom Biakpa




