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lundi, juin 29, 2026
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ONU : L’AES s’insurge contre un rapport du Conseil de sécurité sur les enfants touchés par les conflits armés dans le Sahel

L’Alliance des États du Sahel (AES) a exprimé son désaccord avec les conclusions du dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies consacré aux enfants et aux conflits armés. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité tenue le 25 juin 2026 à New York, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, représentés par l’ambassadeur burkinabè auprès de l’ONU, Saïdou Zongo, ont officiellement fait connaître leur position commune.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les Nations Unies alertent sur une dégradation continue de la situation humanitaire au Sahel central. Quelques semaines auparavant, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, avait décrit la région comme un « dangereux point de basculement », tandis que le Secrétaire général António Guterres faisait état d’une urgence humanitaire accentuée par la recrudescence des attaques djihadistes, notamment au Mali. L’UNICEF estime par ailleurs que près de 7,5 millions d’enfants ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire dans cette zone. C’est dans ce cadre que le rapport des Nations Unies a retenu les trois pays de l’AES parmi les situations suivies.

Une lecture des événements jugée inadaptée

Pour les autorités de l’AES, le rapport repose sur une interprétation erronée de la situation sécuritaire. Selon elles, les violences qui frappent leurs territoires relèvent avant tout d’opérations de lutte contre le terrorisme et ne peuvent être assimilées à des conflits armés opposant différentes parties.
Dans son intervention, Saïdou Zongo a notamment remis en cause l’emploi de termes tels que « groupes armés », « parties au conflit » ou encore « forces progouvernementales », estimant que cette terminologie ne reflète ni le contexte ni la nature des opérations conduites par les États concernés.

L’Alliance s’est également montrée particulièrement critique concernant la qualification accordée à certaines organisations terroristes. Elle considère qu’en les présentant comme des « parties au conflit », alors même qu’elles sont reconnues comme terroristes par des résolutions du Conseil de sécurité, le rapport entretient une ambiguïté susceptible d’être perçue comme une forme de légitimation implicite. L’AES demande ainsi que le vocabulaire utilisé soit pleinement conforme aux textes adoptés par les Nations Unies.

Des critiques sur la méthode de préparation du rapport

Au-delà du contenu, les trois États dénoncent également le processus ayant conduit à l’élaboration du document. Ils estiment que les observations et contributions transmises aux Nations Unies n’ont pas été suffisamment prises en considération.
L’AES affirme en outre que certaines informations relatives à ses pays ont circulé dans des médias considérés comme hostiles avant même que les gouvernements concernés n’en soient officiellement informés.

Face à cette situation, la Confédération plaide pour une implication plus importante des États tout au long de la préparation des rapports, depuis la collecte des données jusqu’à leur validation finale. Elle souhaite également pouvoir prendre connaissance des conclusions avant leur publication afin de favoriser un dialogue constructif plutôt qu’une approche qu’elle juge susceptible de conduire à la stigmatisation ou à des sanctions.

Une coopération conditionnée à davantage d’inclusivité

À l’issue de son intervention, l’Alliance des États du Sahel a indiqué ne pas être en mesure d’approuver les conclusions formulées à l’encontre du Burkina Faso, du Mali et du Niger, exprimant de « très sérieuses réserves » sur les analyses présentées.
Les trois pays ont toutefois réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coopération avec les Nations Unies, tout en précisant que celle-ci devra désormais s’appuyer sur un processus qu’ils souhaitent plus inclusif et davantage ouvert à la participation des États concernés.

Présenté en application de la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité, le rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés recense les auteurs présumés de violations graves commises contre les enfants, qu’il s’agisse d’acteurs étatiques ou non étatiques. Les conclusions de ce document peuvent conduire le Conseil de sécurité à examiner l’adoption de mesures ciblées. Une nouvelle réunion du groupe de travail chargé de ce dossier est attendue dans les prochaines semaines.

Thom Biakpa

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