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samedi, juin 13, 2026
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Pétrole : les tensions entre Washington et Téhéran ravivent la flambée des cours

Londres — Les prix du pétrole repartaient fortement à la hausse lundi, les marchés réagissant à une nouvelle montée des tensions entre les États-Unis et l’Iran, sur fond d’attaques réciproques et d’incertitudes persistantes autour d’un éventuel accord de désescalade.

Vers 09h05 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août, désormais contrat de référence, gagnait plus de 3 %, autour de 94 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate pour livraison en juillet, progressait également nettement, autour de 90 dollars le baril. Ces niveaux sont cohérents avec les cours observés lundi matin sur les marchés, où le Brent évoluait près de 94 dollars et le WTI au-dessus de 90 dollars.

La semaine précédente, les cours avaient pourtant reculé, les investisseurs anticipant une possible avancée diplomatique entre Washington et Téhéran. Mais l’optimisme s’est rapidement dissipé après de nouvelles frappes américaines contre des installations iraniennes et la réponse annoncée par les Gardiens de la Révolution, qui affirment avoir ciblé une base utilisée par l’armée américaine.

« Le pétrole revient au premier rang des inquiétudes, alors que les espoirs d’une percée entre les États-Unis et l’Iran se heurtent à de nouvelles incertitudes », résume Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Le marché reste particulièrement sensible à l’évolution des discussions entre les deux pays. Donald Trump a affirmé dimanche que le projet d’accord devait garantir, « en des termes très fermes », que l’Iran ne disposerait pas de l’arme nucléaire. Téhéran, de son côté, maintient que son programme nucléaire ne figure pas, à ce stade, au cœur des discussions.

Au-delà du bras de fer diplomatique, c’est surtout la question du détroit d’Ormuz qui inquiète les opérateurs. Ce passage maritime stratégique concentrait près de 20 % de l’offre pétrolière mondiale avant les perturbations liées au conflit, selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Toute entrave durable à la circulation des hydrocarbures dans cette zone entretient donc une prime de risque élevée sur les prix.

L’Agence internationale de l’énergie a d’ailleurs averti que le marché pourrait entrer dans une « zone rouge » en juillet ou en août si aucune amélioration durable n’intervient. Dans son rapport de mai, l’AIE estimait que la production mondiale pourrait reculer de 3,9 millions de barils par jour en moyenne en 2026, malgré une reprise progressive supposée des flux à partir de juin.

Pour l’Afrique, la situation est ambivalente. Les pays producteurs de pétrole comme le Nigeria, l’Angola, le Gabon ou le Congo peuvent bénéficier à court terme de cours plus élevés, à condition que leurs capacités d’exportation et de raffinage suivent. Mais pour la majorité des économies africaines, importatrices nettes de carburants ou de produits raffinés, la hausse du brut se traduit surtout par une pression accrue sur les prix à la pompe, le coût du transport, les engrais, l’alimentation et les finances publiques.

La Banque africaine de développement a d’ailleurs prévenu que la crise au Moyen-Orient pourrait freiner la croissance du continent en 2026, notamment à travers la hausse des prix du carburant et des denrées alimentaires. Le FMI souligne également que les importateurs de pétrole disposant de marges budgétaires limitées devront arbitrer entre soutien aux ménages vulnérables, maîtrise des dépenses publiques et stabilité macroéconomique.

Dans ce contexte, les cours du pétrole devraient rester très volatils. Une percée diplomatique pourrait détendre les prix, mais l’absence d’accord crédible, la persistance des frappes et l’incertitude sur la normalisation du trafic dans le Golfe maintiennent le marché sous tension. Pour les économies africaines, l’enjeu dépasse donc le seul prix du baril : il touche directement l’inflation, les coûts logistiques, la sécurité alimentaire et la soutenabilité budgétaire.

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