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lundi, juin 15, 2026
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Sénégal : Ousmane Sonko prévient Diomaye Faye : « Il n’y a pas de chèque en blanc pour le pouvoir »

Invité de Radio France Internationale (RFI) et de France 24, Ousmane Sonko est revenu sur sa rupture politique avec le président Bassirou Diomaye Faye, moins d’un mois après son éviction de la Primature et son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. L’ancien Premier ministre a également précisé sa nouvelle relation avec le pouvoir, ses ambitions institutionnelles et sa position sur la récente législation renforçant la répression de l’homosexualité au Sénégal.

Une rupture politique assumée avec Diomaye Faye

Sans parler de « querelle » personnelle avec le chef de l’État, Ousmane Sonko a reconnu l’existence de profondes divergences politiques entre les deux hommes. Selon lui, plusieurs engagements pris par le Pastef durant ses années d’opposition ont été « dévoyés » depuis l’arrivée au pouvoir.
« Certains de ces engagements ne sont pas respectés et il n’y a pas de volonté de les respecter », a-t-il déclaré, préférant aborder le sujet sous l’angle politique plutôt que moral.

Interrogé sur une éventuelle exclusion de Bassirou Diomaye Faye du Pastef, Sonko a indiqué que cette question relevait des instances du parti et non de sa seule volonté. Il a toutefois laissé entendre que le débat pourrait se poser à l’avenir.

Un nouveau rapport avec l’exécutif

Désormais à la tête de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko affirme vouloir se consacrer pleinement à ses nouvelles fonctions. Il considère son élection à la présidence du Parlement comme une marque de confiance renouvelée du peuple sénégalais.
S’il exclut toute logique de blocage systématique du gouvernement, il rappelle que l’Assemblée nationale dispose de prérogatives constitutionnelles qu’elle n’hésitera pas à utiliser en cas de besoin.
« Il n’y a pas de chèque en blanc délivré au président de la République et au gouvernement », a-t-il averti.

Le leader du Pastef a notamment insisté sur le respect du calendrier électoral, affirmant que les élections locales prévues en janvier 2027 ne devraient faire l’objet d’aucun report.

Une Assemblée nationale appelée à jouer un rôle central

Pour Sonko, la séparation institutionnelle entre lui et le président Faye ne remet pas en cause l’objectif de réussite du mandat entamé en 2024. Il souhaite désormais renforcer le rôle du pouvoir législatif dans le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques.
Tout en revendiquant son bilan à la Primature, il affirme vouloir faire de l’Assemblée nationale une institution forte et pleinement respectée dans l’équilibre des pouvoirs.

Fermeté sur la loi relative à l’homosexualité

Interrogé sur le durcissement récent des sanctions contre les relations homosexuelles, Ousmane Sonko a défendu sans ambiguïté la position du Sénégal. Il a rappelé que l’interdiction de l’homosexualité existait déjà depuis plusieurs décennies dans la législation sénégalaise et que seule l’échelle des peines avait été renforcée.

Rejetant les critiques émises par les Nations unies et plusieurs pays occidentaux, il a invoqué la souveraineté du Sénégal et le droit du pays à légiférer selon ses valeurs culturelles et religieuses.
« Cette loi, s’il y a nécessité de la renforcer, on la renforcera, mais on n’y reviendra absolument pas », a-t-il affirmé.

Toutefois, Sonko a également insisté sur le respect des droits fondamentaux des personnes poursuivies, dénonçant les atteintes à la vie privée et l’exposition médiatique de familles entières dans certaines affaires liées à l’homosexualité.

Une nouvelle étape politique

Cette première grande interview depuis son départ de la Primature marque une nouvelle phase dans la carrière politique d’Ousmane Sonko. Installé au perchoir de l’Assemblée nationale, il se positionne désormais comme le garant du projet originel du Pastef tout en maintenant une pression politique sur l’exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Malgré leur rupture, il assure que leurs divergences ne mettront pas en péril la stabilité du Sénégal, tout en revendiquant le droit du Parlement à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir.

Thom Biakpa

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