L’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) fait face à une série de graves accusations dans l’est du Tchad. D’après un document interne confidentiel rendu public par l’Associated Press, une enquête menée par l’ONG a recensé 59 signalements d’abus et d’exploitation sexuelle impliquant certains membres de son personnel auprès de réfugiés soudanais.
Les faits se seraient produits dans plusieurs sites d’accueil situés près de la frontière soudanaise, où des milliers de personnes ont trouvé refuge depuis le début du conflit au Soudan en avril 2023. Parmi les victimes présumées figureraient notamment des femmes et des mineurs particulièrement exposés en raison de leur situation de vulnérabilité.
Selon les conclusions de l’enquête, certaines accusations portent sur des pratiques consistant à offrir ou promettre de la nourriture, de l’argent ou encore des possibilités d’emploi en échange de faveurs sexuelles.
À la suite des investigations menées pendant plusieurs mois, MSF a décidé de licencier 18 employés et de leur interdire tout futur recrutement au sein de l’organisation. Toutefois, l’ONG souligne que plusieurs allégations n’ont pas pu être confirmées de manière définitive, notamment en raison de difficultés à identifier les victimes ou les personnes mises en cause.
Dans une réaction officielle, Médecins Sans Frontières a condamné des comportements qu’elle juge incompatibles avec ses principes et ses engagements humanitaires. L’organisation indique avoir conduit des enquêtes dès 2024 dans différents camps de réfugiés, notamment ceux d’Adré, d’Aboutengué et de Metché.
Concernant d’éventuelles procédures judiciaires, MSF affirme respecter le choix des victimes quant à la possibilité de saisir ou non les autorités compétentes.
L’organisation reconnaît par ailleurs des insuffisances dans certains mécanismes de recrutement. Elle admet que des vérifications d’identité incomplètes ont parfois conduit à l’embauche de mineurs en tant que travailleurs journaliers.
Thom Biakpa




