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mercredi, juin 24, 2026
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Transparence financière : la Côte d’Ivoire franchit une étape décisive vers sa sortie de la liste grise du GAFI

La Côte d’Ivoire se rapproche d’une sortie de la liste grise du Groupe d’action financière. À l’issue de sa réunion plénière tenue à Paris du 17 au 19 juin 2026, le GAFI a estimé que le pays avait substantiellement achevé le plan d’action engagé pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Cette décision ne constitue pas encore une radiation officielle. Elle ouvre la voie à une mission de vérification sur place. Celle-ci devra confirmer que les réformes ont effectivement été mises en œuvre, qu’elles produisent des résultats durables et que l’engagement politique nécessaire à leur poursuite demeure intact.

Si les conclusions de cette mission sont favorables, la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise pourrait être entérinée lors de la prochaine plénière du GAFI, prévue en octobre 2026.

Un plan d’action achevé en moins de deux ans

La Côte d’Ivoire avait été placée sous surveillance renforcée en octobre 2024. Les autorités avaient alors pris l’engagement politique de corriger les insuffisances stratégiques relevées dans le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.

Le pays devait mettre en œuvre son plan d’action en collaboration avec le GAFI et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest.

Environ vingt mois plus tard, le GAFI considère que les différentes mesures attendues ont été substantiellement exécutées. Cette avancée traduit une mobilisation rapide des administrations, des autorités de supervision, des institutions judiciaires et des acteurs du secteur financier.

Une coopération internationale renforcée

Parmi les progrès relevés figure l’amélioration de la coopération internationale dans les enquêtes et les poursuites relatives au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Dans un environnement où les flux financiers illicites franchissent facilement les frontières, la capacité à échanger rapidement des informations avec les autorités étrangères est devenue essentielle.

La Côte d’Ivoire a ainsi renforcé les mécanismes permettant aux services compétents de solliciter, de recevoir et d’exploiter les informations nécessaires au traitement des dossiers à dimension internationale.

Une supervision davantage fondée sur les risques

Le pays a également amélioré la supervision des institutions financières ainsi que des entreprises et professions non financières désignées.

Cette catégorie comprend notamment certains acteurs de l’immobilier, du droit, de la comptabilité, du commerce des métaux précieux et d’autres secteurs susceptibles d’être exposés aux risques de blanchiment.

Les autorités de contrôle doivent désormais adapter leurs interventions au niveau de risque présenté par chaque établissement ou profession. Des campagnes de sensibilisation ont également été conduites afin de renforcer la compréhension et le respect des obligations réglementaires.

Cette évolution doit permettre de concentrer les contrôles sur les secteurs et les opérations les plus sensibles.

Une meilleure transparence sur les bénéficiaires effectifs

La Côte d’Ivoire a aussi renforcé les mécanismes de collecte, de vérification et d’accès aux informations relatives aux bénéficiaires effectifs des personnes morales.

Le bénéficiaire effectif est la personne physique qui détient, contrôle ou tire réellement profit d’une entreprise, même lorsque son identité est dissimulée derrière plusieurs sociétés ou intermédiaires.

L’accès à des informations fiables et actualisées permet aux autorités d’identifier plus facilement les personnes qui se trouvent derrière des structures utilisées pour dissimuler des fonds illicites.

Des sanctions ont également été prévues ou renforcées en cas de déclaration inexacte, incomplète ou non conforme.

Davantage d’enquêtes et de poursuites

Le GAFI relève par ailleurs une meilleure exploitation du renseignement financier par les autorités chargées des enquêtes.

La Cellule nationale de traitement des informations financières a amélioré la diffusion de ses analyses vers les services compétents. Les informations issues des déclarations de soupçon peuvent ainsi être davantage utilisées pour détecter, enquêter et poursuivre les infractions financières.

La Côte d’Ivoire a également démontré une augmentation soutenue du nombre d’enquêtes et de poursuites liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Cette progression doit toutefois rester cohérente avec le profil de risque du pays et concerner les différentes formes de criminalité financière auxquelles l’économie ivoirienne est exposée.

Des sanctions financières ciblées consolidées

Les autorités ont enfin renforcé le cadre applicable aux sanctions financières ciblées.

Ces mesures permettent notamment de geler rapidement les avoirs de personnes ou d’organisations impliquées dans le financement du terrorisme ou de la prolifération des armes de destruction massive.

Leur efficacité dépend de la capacité des administrations, des banques et des autres acteurs assujettis à identifier les personnes concernées et à appliquer les décisions sans délai.

Le renforcement de ce dispositif constitue donc un élément important de la conformité du pays aux standards internationaux.

Quels bénéfices pour l’économie ivoirienne ?

Une sortie de la liste grise constituerait un signal positif pour la place financière ivoirienne.

Même si le GAFI ne demande pas aux institutions internationales de couper leurs relations avec les pays sous surveillance renforcée, une inscription sur la liste grise peut entraîner davantage de contrôles, des délais de traitement plus longs et des coûts de conformité supplémentaires.

Elle peut aussi affecter la perception du risque par les banques correspondantes, les investisseurs et les partenaires économiques étrangers.

La radiation de la Côte d’Ivoire pourrait donc faciliter certaines opérations internationales, renforcer la confiance dans son système financier et conforter le rôle d’Abidjan comme centre économique et financier régional.

Elle contribuerait également à sécuriser les flux d’investissement et à améliorer l’image du pays auprès des institutions financières internationales.

Une dernière étape avant la décision finale

La Côte d’Ivoire a franchi une étape majeure, mais le processus n’est pas encore achevé.

La mission de vérification devra constater sur le terrain que les nouvelles règles sont réellement appliquées et que les progrès enregistrés pourront être maintenus dans la durée.

La décision finale reviendra ensuite au GAFI.

Après avoir achevé son plan d’action en moins de deux ans, la Côte d’Ivoire dispose néanmoins d’une perspective crédible de sortir de la liste grise dès octobre 2026.

Cette avancée confirme l’engagement du pays en faveur de l’intégrité, de la transparence et de la sécurité de son système financier.

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