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lundi, juin 29, 2026
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Violence contre les étrangers : L’Ouganda s’apprête à rapatrier 746 de ses ressortissants d’Afrique du Sud

L’Ouganda a décidé de lancer une vaste opération de rapatriement de ses citoyens établis en Afrique du Sud, dans un contexte marqué par une montée des violences visant les étrangers. L’annonce a été faite le 28 juin par le ministère ougandais des Affaires étrangères, qui précise que cette initiative a été ordonnée par le président Yoweri Kaguta Museveni afin d’assurer la protection des ressortissants du pays.

À ce jour, 746 Ougandais ont officiellement demandé à bénéficier de cette assistance pour regagner leur pays. Les autorités estiment que ce nombre pourrait rapidement augmenter, alors que de nombreux autres expatriés ont déjà quitté l’Afrique du Sud de leur propre initiative, redoutant une dégradation de la situation sécuritaire à l’approche de l’échéance fixée au 30 juin par certains groupes de vigilance hostiles aux migrants.

Pour mener à bien cette opération, Kampala a mis en place un dispositif réunissant plusieurs institutions gouvernementales. Le ministère des Affaires étrangères travaille en étroite collaboration avec les services du Premier ministre, les ministères de l’Intérieur ainsi que des Travaux publics et des Transports, sans oublier la Haute Commission ougandaise en Afrique du Sud et les représentants de la communauté ougandaise sur place.

Le plan prévoit plusieurs étapes successives. Les ressortissants concernés seront d’abord identifiés et recensés dans les différentes provinces sud-africaines avant d’être acheminés vers des centres de regroupement sécurisés. Des documents de voyage temporaires seront délivrés aux personnes qui en auront besoin, puis les autorités coordonneront les départs avec les services sud-africains de l’immigration. Les rapatriements seront effectués à bord de vols charters spécialement affrétés par Uganda Airlines, dont les coûts seront entièrement pris en charge par le gouvernement ougandais.

L’Ouganda n’est pas le seul État africain à organiser le retour de ses ressortissants. Depuis plusieurs semaines, le Nigeria, le Ghana, le Malawi, le Zimbabwe et le Mozambique ont également lancé des opérations similaires. Selon les autorités, plus de 3 000 Malawiens ont notamment été accueillis dans un camp de transit improvisé à Durban, dans la province du KwaZulu-Natal.

Cette décision intervient alors qu’un ressortissant ougandais a perdu la vie lors d’une attaque dans cette même province, considérée comme l’un des principaux foyers des tensions actuelles. Le gouvernement ougandais a exprimé sa compassion envers la famille de la victime et engagé les démarches nécessaires pour le rapatriement de sa dépouille.

Le KwaZulu-Natal est également le berceau du mouvement March and March, à l’origine d’un ultimatum exigeant le départ des étrangers en situation irrégulière avant le 30 juin. Dans ce climat tendu, la police sud-africaine enquête également sur le décès d’un ressortissant malawien de 29 ans, agressé à la suite d’une manifestation à Pietermaritzburg.

Malgré l’organisation de ces retours volontaires, Kampala affirme maintenir un dialogue permanent avec les autorités sud-africaines afin de garantir la sécurité des Ougandais qui choisissent de rester dans le pays. D’autres gouvernements africains, notamment ceux du Kenya, du Lesotho et du Zimbabwe, ont eux aussi appelé leurs ressortissants à faire preuve de la plus grande vigilance.

Alors que l’échéance du 30 juin est déjà arrivée, les inquiétudes demeurent vives. Les autorités sud-africaines ont annoncé un renforcement des dispositifs de sécurité sur l’ensemble du territoire et placé plusieurs unités militaires en état d’alerte. Elles assurent qu’aucun acte de violence ne sera toléré. Pour l’heure, le gouvernement ougandais n’a toutefois pas encore communiqué la date du premier vol charter ni le nombre total de citoyens susceptibles d’être rapatriés dans le cadre de cette opération.

Thom Biakpa

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