Face à la dégradation de la situation sécuritaire sur certains axes maliens, les transporteurs sénégalais tirent la sonnette d’alarme. L’Union des routiers du Sénégal (URS) demande désormais aux chauffeurs de suspendre leurs trajets vers le Mali, après une série d’attaques visant des convois de marchandises.
Selon les responsables du secteur, les groupes armés affiliés au Jnim ont intensifié leurs opérations depuis plusieurs semaines, ciblant particulièrement les camions circulant entre Dakar et Bamako. Plusieurs véhicules sénégalais auraient été incendiés au cours des récentes attaques, provoquant une vive inquiétude parmi les professionnels du transport routier.
Le secrétaire général de l’URS, Gora Khouma, estime que les chauffeurs ne disposent aujourd’hui d’aucune garantie de sécurité sur ces corridors stratégiques. Il invite ceux qui se trouvent encore sur le territoire malien à faire demi-tour lorsqu’ils le peuvent, tandis que les conducteurs présents au Sénégal sont appelés à différer tout départ vers Bamako jusqu’à nouvel ordre.
Pour les transporteurs, la priorité est désormais la protection des vies humaines. Malgré l’importance économique de cette liaison commerciale entre les deux pays, beaucoup jugent les risques devenus trop élevés. Les acteurs du secteur rappellent qu’ils ne souhaitent pas intervenir dans les questions politiques ou militaires, mais simplement exercer leur métier dans des conditions sûres.
Cette situation pourrait toutefois avoir des conséquences importantes sur l’approvisionnement du Mali, notamment à l’approche de la Tabaski. Une grande partie des produits de première nécessité destinés au marché malien comme le riz, le sucre, la farine ou encore l’huile, transitent habituellement par le port de Dakar avant d’être acheminés par route.
Les transporteurs reconnaissent l’importance de maintenir ces échanges commerciaux avec le Mali, pays voisin et partenaire historique du Sénégal. Mais pour eux, continuer à circuler dans un contexte marqué par des attaques répétées reviendrait à exposer inutilement les chauffeurs et leurs équipages.
En attendant une amélioration de la situation sécuritaire, les professionnels du transport préfèrent donc observer une forme de prudence, quitte à ralentir temporairement les flux commerciaux entre les deux pays.
Thom Biakpa




