Après une période de crispation entre les autorités nigériennes et les compagnies pétrolières chinoises, Niamey semble vouloir ouvrir une nouvelle séquence fondée sur la coopération et la relance économique. Lundi 18 mai, le gouvernement et plusieurs groupes chinois actifs dans l’exploitation du brut ont officialisé une série d’accords stratégiques destinés à redynamiser le secteur pétrolier national et à renforcer la place de l’État dans cette industrie clé.
La signature de ces partenariats s’est déroulée à Niamey en présence du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine ainsi que de représentants des entreprises chinoises concernées. Ces accords marquent un tournant après plusieurs mois de tensions entre le pouvoir militaire et certains opérateurs étrangers accusés de ne pas suffisamment défendre les intérêts du Niger.
Au cœur des nouveaux engagements, figure un vaste programme d’investissement estimé à un milliard de dollars. Selon les autorités nigériennes, ce financement permettra le développement des projets pétroliers Dinga Deep et Abolo-Yogou, considérés comme essentiels pour accroître les capacités de production du pays. Le gouvernement ambitionne désormais de porter la production nationale de pétrole de 110.000 à 145.000 barils par jour à l’horizon 2029.
Les discussions ont également abouti à une réduction des coûts liés au transport du brut via l’oléoduc qui relie le Niger au Bénin, infrastructure stratégique pour les exportations pétrolières nigériennes. Cette baisse devrait permettre au pays d’améliorer ses revenus et de renforcer la compétitivité de son pétrole sur les marchés internationaux.
Autre avancée majeure, l’État nigérien fera désormais son entrée dans le capital de Wapco, société contrôlée par le groupe chinois CNPC et chargée de gérer le pipeline d’exportation. Grâce à cet accord, Niamey détiendra 45 % des parts de cette entreprise, une décision présentée par les autorités comme une étape importante dans leur volonté de mieux contrôler les ressources nationales.
Le gouvernement assure également avoir obtenu plusieurs garanties en faveur des travailleurs nigériens. Les nouvelles dispositions prévoient notamment une augmentation du recours à la main-d’œuvre locale, une implication plus importante des entreprises nationales dans les projets pétroliers ainsi qu’une harmonisation des rémunérations entre salariés nigériens et expatriés.
Depuis le coup d’État de juillet 2023, les autorités militaires multiplient les déclarations en faveur d’une gestion plus souveraine des ressources naturelles. Cette orientation avait conduit l’an dernier à de vives tensions avec certaines sociétés chinoises du secteur pétrolier, plusieurs responsables ayant même été expulsés du territoire nigérien.
Parallèlement au pétrole, le pouvoir nigérien poursuit également sa réorganisation du secteur minier. Le gouvernement a récemment annoncé la création de Tsumco SA, une nouvelle société appelée à reprendre l’exploitation de l’uranium après la nationalisation de la Somaïr, ancienne filiale du groupe français Orano. Cette décision s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à renforcer le contrôle national sur les ressources stratégiques du pays.
Thom Biakpa




