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jeudi, juillet 9, 2026
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RDC : L’épidémie d’Ebola franchit le cap des 600 morts, la riposte fragilisée par une grève des soignants

La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une nouvelle aggravation de l’épidémie d’Ebola, alors que le nombre de victimes ne cesse de croître. Selon les dernières données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le virus a déjà causé 600 décès depuis le début de cette 17ᵉ flambée épidémique, officiellement déclarée le 15 mai.

À la date du 7 juillet, les autorités sanitaires congolaises, dont les chiffres sont relayés par l’OMS, recensent 1.759 cas confirmés sur le territoire national. Si l’Ouganda voisin reste également concerné par la maladie, la situation y demeure pour l’heure limitée avec 20 cas confirmés et deux décès.
Le principal foyer de l’épidémie se situe dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC, une région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Toutefois, le virus s’est également propagé vers les provinces voisines du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où l’insécurité liée aux affrontements armés complique considérablement les opérations sanitaires.

Pour l’OMS, la progression de la maladie reste préoccupante. L’organisation estime que l’étendue réelle de l’épidémie n’est pas encore totalement connue, notamment en raison des difficultés d’accès à certaines zones touchées. Les déplacements de populations, les violences persistantes et la faiblesse des infrastructures de santé rendent la surveillance épidémiologique et la prise en charge des malades particulièrement complexes.

Les capacités de traitement sont également mises à rude épreuve. Les centres spécialisés accueillant les patients fonctionnent aujourd’hui à près de 90 % de leur capacité, ce qui accroît la pression sur les équipes médicales et sur l’ensemble du dispositif de riposte.

La situation est d’autant plus délicate que cette flambée est provoquée par le variant Bundibugyo du virus Ebola, une souche rare contre laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’est actuellement disponible. Face à cette réalité, un essai clinique portant sur deux traitements expérimentaux a été lancé le 2 juillet.

Parallèlement, l’OMS a autorisé l’utilisation d’urgence du premier test de diagnostic moléculaire destiné à détecter rapidement cette souche.
Alors que les autorités tentent de freiner la propagation du virus, elles doivent également faire face à une crise sociale au sein même du personnel de santé. Depuis le 6 juillet, plusieurs professionnels mobilisés dans la lutte contre Ebola ont suspendu leurs activités pour dénoncer des retards dans le paiement de leurs salaires et de leurs primes.

En Ituri, province la plus affectée par l’épidémie, médecins, infirmiers et autres agents de première ligne affirment n’avoir toujours pas perçu les rémunérations promises depuis la déclaration officielle de l’épidémie. Ils dénoncent également le manque de moyens matériels ainsi que des conditions de travail qu’ils jugent inéquitables.

Cette grève intervient à un moment particulièrement critique, alors que les besoins humanitaires restent immenses. Les organisations sanitaires alertent sur la nécessité de renforcer rapidement les moyens déployés pour protéger les populations, garantir l’accès aux soins essentiels et soutenir les équipes médicales engagées dans la riposte.

Au cours des cinq dernières décennies, Ebola a provoqué plus de 15.000 décès sur le continent africain. En RDC, l’épidémie la plus meurtrière demeure celle de 2018 à 2020, qui avait fait près de 2.300 morts sur environ 3.500 cas recensés. Les autorités sanitaires redoutent que la flambée actuelle ne s’inscrive dans la durée si les nombreux défis sécuritaires, logistiques et financiers ne sont pas rapidement surmontés.

Thom Biakpa

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