La réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin n’est pas encore à l’ordre du jour. Si les discussions engagées ces dernières semaines entre Niamey et Cotonou ont permis de rapprocher les positions des deux pays, les autorités nigériennes estiment que plusieurs conditions doivent encore être réunies avant de franchir cette étape.
À l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté et du patriotisme, célébrée le samedi 25 juillet 2026 et marquant le troisième anniversaire de l’accession du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) au pouvoir, le président Abdourahamane Tiani est revenu sur le dossier de la frontière avec le Bénin. Invité de la télévision publique nigérienne, le chef de l’État a expliqué que les séquelles de la crise diplomatique née en 2023 demeuraient un obstacle à une réouverture immédiate.
Des blessures à refermer avant toute décision
Pour le général Tiani, l’enjeu dépasse largement la reprise du trafic entre les deux pays. Il a estimé qu’il restait des « traces » et des « plaies » à soigner dans les relations entre le Niger et le Bénin, soulignant que la confiance devait être pleinement rétablie avant toute décision.
Le président nigérien a insisté sur la nécessité de mettre en place des garanties solides afin d’empêcher qu’une future crise ne conduise à une nouvelle fermeture unilatérale de la frontière. Selon lui, la décision finale sera prise de manière concertée avec son homologue béninois, Romuald Wadagni.
Une fermeture qui dure depuis le coup d’État de 2023
Le principal poste-frontière entre les deux États est fermé depuis juillet 2023, à la suite du renversement du président Mohamed Bazoum. Dans le contexte des sanctions imposées par la CEDEAO contre les nouvelles autorités nigériennes, Niamey avait décidé de maintenir la fermeture de la frontière avec le Bénin, même après la levée de la plupart des mesures régionales au début de l’année 2024.
Cette situation a profondément affecté les échanges commerciaux entre les deux voisins. De nombreux transporteurs ont notamment été contraints d’emprunter la voie fluviale entre Gaya et Malanville, une traversée souvent décrite comme plus risquée.
Le dialogue progresse entre Niamey et Cotonou
Les relations bilatérales ont toutefois enregistré des avancées après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, le 2 juin 2026, quelques jours seulement après son investiture.
À l’issue de cette rencontre, les deux pays ont installé un comité conjoint d’experts chargé de proposer les modalités d’une réouverture progressive de la frontière. Réunis à Cotonou, les représentants des deux États sont parvenus à des accords de principe sur plusieurs volets, notamment les questions sécuritaires, économiques et juridiques.
Aucune échéance arrêtée
Abdourahamane Tiani a confirmé que le comité avait remis ses recommandations conformément au mandat reçu. Il a toutefois écarté toute annonce d’une réouverture à court terme, affirmant qu’aucune date n’avait été fixée à ce stade.
Le chef de l’État a également expliqué que l’accueil réservé au président béninois lors de sa visite à Niamey traduisait la volonté de privilégier les liens historiques entre les peuples nigérien et béninois, au-delà des relations entre gouvernements.
Quant à une éventuelle visite du général Tiani au Bénin, elle reste d’actualité mais aucun calendrier n’a encore été arrêté. Les autorités des deux pays poursuivent leurs échanges diplomatiques afin de définir les prochaines étapes du rapprochement.
Thom Biakpa




