lundi, juillet 27, 2026
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Justice internationale : Le Venezuela claque la porte de la CPI

Le Venezuela a annoncé son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). L’information a été rendue publique vendredi 24 juillet par le ministre des Affaires étrangères, Felix Plasencia, via un message publié sur le réseau social X.

Selon les autorités vénézuéliennes, cette décision a été prise sur instruction de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez. Caracas affirme avoir officiellement notifié au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, sa volonté de dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la CPI, et d’engager un retrait présenté comme définitif.

Dans son communiqué, le gouvernement vénézuélien reproche à la Cour une application qu’il juge inéquitable de la justice internationale. Il estime que les enquêtes de la CPI se concentrent de manière excessive sur les pays d’Afrique et d’Amérique latine, au détriment d’autres régions du monde. Les autorités dénoncent ainsi une institution qui, selon elles, porte atteinte à la souveraineté des États et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le Venezuela avait déjà évoqué à plusieurs reprises la possibilité de quitter la juridiction internationale.
La CPI a toutefois indiqué ne pas avoir encore reçu de notification officielle transmise au Bureau des traités des Nations unies. Dans un communiqué, elle a regretté cette décision, rappelant que son objectif est de lutter contre l’impunité pour les crimes internationaux les plus graves.

L’institution précise également que, conformément à l’article 127 du Statut de Rome, un retrait ne prend effet qu’un an après sa notification officielle. Durant cette période, l’État concerné demeure soumis à l’ensemble de ses obligations. Même après l’entrée en vigueur du retrait, les engagements liés aux enquêtes ou procédures ouvertes avant cette date restent valables et la coopération avec la Cour demeure exigée pour les dossiers déjà engagés.

Le Venezuela fait l’objet d’une enquête de la CPI depuis 2018 pour de possibles crimes contre l’humanité commis sous la présidence de Nicolas Maduro. Cette procédure concerne notamment la répression des manifestations de 2017, au cours desquelles une centaine de personnes avaient perdu la vie.

Le texte rappelle également que Nicolas Maduro a été arrêté par les États-Unis, le 3 janvier et que son procès est programmé pour le 1ᵉʳ juin 2027.
En décembre 2025, le bureau du procureur de la CPI avait fermé son bureau de liaison à Caracas, estimant que les autorités vénézuéliennes ne coopéraient pas suffisamment avec l’institution. L’année précédente, le procureur avait appelé au respect de l’État de droit à la suite de la réélection contestée de Nicolas Maduro et de la répression des manifestations qui avaient suivi.

Les tensions entre Caracas et la Cour ne sont pas nouvelles. Dès 2021, alors qu’elle occupait le poste de vice-présidente, Delcy Rodriguez avait vivement critiqué la procédure engagée par la CPI, la qualifiant de « grande farce » et d’« affaire créée artificiellement ». Elle soutenait alors que les autorités vénézuéliennes avaient agi pour préserver la paix et protéger la population face à des manifestations qu’elle décrivait comme particulièrement violentes.

Enfin, le communiqué rappelle que Felix Plasencia, auparavant chef de la mission diplomatique du Venezuela aux États-Unis, exerce les fonctions de ministre des Affaires étrangères depuis le 13 juillet.

Thom Biakpa

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