Le Centre national de recherche en épidémiologie et microbiologie Gamaleïa, en Russie, affirme avoir obtenu des résultats encourageants dans les premiers travaux consacrés à un vaccin ciblant la souche Bundibugyo du virus Ebola. Selon Denis Logounov, directeur de l’établissement, les essais préliminaires réalisés au mois de juillet 2026 ont mis en évidence une réponse immunitaire jugée prometteuse.
À ce stade, les chercheurs n’ont toutefois pas travaillé avec le virus responsable de l’épidémie en cours. Les évaluations ont été conduites à l’aide d’un modèle expérimental reproduisant certaines caractéristiques du pathogène afin de mesurer la capacité du vaccin à stimuler les défenses immunitaires. D’après les responsables du projet, les résultats observés seraient cohérents avec ceux généralement obtenus sur le virus authentique. L’institut attend désormais de recevoir un échantillon de la souche Bundibugyo transmis par les autorités sanitaires, afin de poursuivre les recherches dans des conditions réelles.
Le candidat-vaccin repose sur une technologie déjà développée contre la souche Zaïre, historiquement la plus répandue du virus Ebola. Les scientifiques russes ont choisi d’adapter cette formulation plutôt que de repartir de zéro, estimant que les similitudes génétiques entre les deux souches pourraient permettre une protection partielle. Selon Alexandre Gintsbourg, directeur scientifique du Centre Gamaleïa, cette proximité génétique est évaluée entre 60 et 70 %.
Les responsables du programme estiment qu’un tel vaccin pourrait réduire de manière significative les formes graves de la maladie. Début juillet, Alexandre Gintsbourg évoquait une protection potentielle d’environ 50 % contre l’infection, tout en considérant que l’effet sur la diminution de la mortalité, notamment chez les professionnels de santé, pourrait être supérieur.
Avant toute utilisation, le produit devra cependant franchir plusieurs étapes réglementaires. Le ministère russe de la Santé doit déterminer si cette version adaptée doit être considérée comme un nouveau vaccin ou comme une simple évolution du produit déjà autorisé contre la souche Zaïre. Ce choix influencera directement l’ampleur et la durée des essais cliniques nécessaires avant une éventuelle autorisation.
Cette approche rappelle celle adoptée pendant la pandémie de Covid-19, lorsque le vaccin Spoutnik Light avait fait l’objet de plusieurs adaptations destinées à suivre l’apparition de nouveaux variants du SARS-CoV-2.
Ces avancées interviennent alors que l’épidémie de la souche Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo et en Ouganda. Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé a élevé la situation au rang d’urgence de santé publique de portée internationale.
D’après les dernières données des autorités sanitaires congolaises, arrêtées au 27 juillet, plus de 3 000 cas confirmés et 1354 décès ont été enregistrés, faisant de cette flambée la troisième plus importante jamais documentée pour Ebola dans le pays.
En parallèle, le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) suit de près les annonces russes. Son directeur, Jean Kaseya, a indiqué que des discussions avec les équipes de Gamaleïa seraient organisées afin d’évaluer la portée scientifique de ces premiers résultats.
L’organisation africaine ambitionne de disposer, d’ici la fin de l’année 2026, d’un vaccin et d’un traitement homologués contre la souche Bundibugyo.
Deux autres candidats-vaccins spécifiquement conçus pour cette variante poursuivent également leur développement, dont le plus avancé devrait entrer en phase d’essais cliniques dans les prochains mois.
Thom Biakpa




