mardi, juillet 28, 2026
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Après l’AES et le Venezuela : Le Tchad annonce à son tour, son retrait de la CPI

Le gouvernement tchadien a officiellement engagé la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI).

Dans une notification transmise ce lundi 27 juillet 2026 au Secrétaire général des Nations unies, N’Djamena a annoncé sa décision de dénoncer le Statut de Rome, le traité fondateur de la juridiction internationale basée à La Haye.

Les autorités tchadiennes présentent ce choix comme l’aboutissement d’une réflexion menée sur le fonctionnement de la Cour depuis son entrée en activité en 2002. Selon le gouvernement, cette décision relève pleinement de la souveraineté de l’État et intervient après une évaluation de l’efficacité et de l’impartialité de l’institution.

Une confiance remise en question

Dans son communiqué, le porte-parole du gouvernement estime que la CPI applique une justice qui ne répond pas aux mêmes exigences selon les régions du monde. Les autorités dénoncent une institution dont les poursuites seraient principalement dirigées vers les pays du Sud, en particulier ceux du continent africain, alimentant ainsi les critiques récurrentes sur une supposée sélectivité de son action.

Le Tchad rappelle qu’il figurait parmi les premiers États d’Afrique centrale à adhérer au Statut de Rome. Après avoir signé le traité en 1999, le pays l’avait ratifié le 1er novembre 2006, marquant alors son engagement en faveur de la justice pénale internationale.

Une dynamique de retraits qui s’accélère

Avec cette annonce, le Tchad devient le cinquième État à engager une procédure de retrait de la CPI en moins d’un an. Cette dynamique a été amorcée par les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — qui avaient annoncé leur intention de quitter la Cour en septembre 2025 avant de transmettre officiellement leurs notifications en juin 2026.

Quelques jours avant la décision tchadienne, le Venezuela avait également annoncé son retrait, le 24 juillet 2026, invoquant lui aussi des critiques sur ce qu’il considère comme une application déséquilibrée de la justice internationale à l’égard de l’Afrique et de l’Amérique latine.
Ce mouvement n’est toutefois pas sans précédent. En 2017, le Burundi était devenu le premier État à quitter effectivement la Cour pénale internationale depuis l’entrée en vigueur du Statut de Rome.

Un retrait qui ne prendra effet qu’en 2027

Malgré cette annonce, le Tchad ne cessera pas immédiatement d’être partie au Statut de Rome. En application de l’article 127 du traité, la dénonciation ne produit ses effets qu’un an après la réception officielle de la notification par les Nations unies.

Jusqu’à cette échéance, les autorités tchadiennes restent légalement tenues de respecter les obligations découlant du Statut, notamment en matière de coopération avec la Cour.

À ce stade, la Cour pénale internationale n’a pas encore publié de réaction officielle à la décision annoncée par les autorités de N’Djamena.

Thom Biakpa

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