Une vaste opération de contrôle menée par la police sénégalaise dans la nuit du mardi 18 au mercredi 19 août à Dakar a conduit à l’interpellation de 234 personnes. L’intervention ciblait notamment la mendicité ainsi que l’occupation des espaces publics et de la voie publique.
Selon les autorités, les personnes concernées se trouvaient dans plusieurs secteurs de la capitale où certains individus ont l’habitude de solliciter les passants ou de passer la nuit dans la rue et dans des abris de fortune.
Parmi les 234 personnes interpellées figurent 105 enfants, dont 22 nourrissons. La police fait également état de 58 hommes, 66 femmes et cinq personnes à mobilité réduite.
Les autorités expliquent cette opération par leur volonté de préserver « l’ordre, la sécurité et la tranquillité » dans Dakar. Elles n’ont toutefois pas communiqué la nationalité des personnes arrêtées.
Les étrangers au cœur des préoccupations
Cette intervention intervient dans un contexte marqué par une multiplication des contrôles et des opérations de déguerpissement visant notamment des ressortissants étrangers. Des Nigériens ont récemment été concernés par ces opérations, certains étant soupçonnés par les autorités d’être liés à des réseaux de mendicité.
Ces mesures suscitent des inquiétudes au sein des organisations de défense des droits humains. Mardi, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO), la Ligue sénégalaise des droits humains et Amnesty International Sénégal ont appelé les autorités à prendre des mesures face à ce qu’elles décrivent comme une progression du discours xénophobe visant certaines communautés étrangères établies au Sénégal.
Des inquiétudes autour de la communauté guinéenne
La communauté guinéenne figure également parmi celles dont plusieurs associations dénoncent les difficultés actuelles. Présente depuis plusieurs décennies au Sénégal et particulièrement active dans le secteur commercial, elle aurait été confrontée, selon ces organisations, à des menaces et à des actes d’intimidation présumés.
Le débat a également gagné l’Assemblée nationale. Lundi, le député nationaliste Tahirou Sarr a interpellé le ministre de la Justice au sujet de ce qu’il considère comme une « injustice vécue par des Sénégalais ». Il a notamment mis en cause la présence de mendiants étrangers et accusé certains ressortissants étrangers de se livrer à la mendicité, au banditisme et à la prostitution.
L’opération menée à Dakar intervient ainsi dans un climat où la lutte contre la mendicité et l’occupation de l’espace public se mêle à un débat plus large sur la présence des étrangers dans la capitale et sur les risques de stigmatisation de certaines communautés.
Thom Biakpa




