Une nouvelle page vient de s’écrire dans l’histoire de la musique africaine. Mardi 18 août 2026, Angélique Kidjo a reçu une étoile sur le célèbre Hollywood Walk of Fame, devenant ainsi la première artiste africaine noire à accéder à cet honneur. La chanteuse béninoise a inauguré la 2 854e étoile du boulevard, dans la catégorie consacrée à l’enregistrement musical.
La cérémonie s’est déroulée au 7011 Hollywood Boulevard, à proximité immédiate du mythique Hollywood Roosevelt. Pour accompagner Angélique Kidjo dans ce moment symbolique, plusieurs personnalités de premier plan avaient fait le déplacement. Parmi elles figurait l’acteur Willem Dafoe, nommé quatre fois aux Oscars et proche de longue date de la chanteuse. Harvey Mason Jr., à la tête de la Recording Academy, était également présent.
Ana Martinez, productrice du Walk of Fame, a pour sa part mis en avant l’empreinte laissée par Kidjo sur la musique internationale. Elle a notamment souligné la portée de son talent et de son influence auprès de plusieurs générations de spectateurs et d’auditeurs à travers le monde, selon un communiqué de la Hollywood Chamber of Commerce.
Après les discours, la nouvelle étoilée a offert un moment musical à l’assistance. Elle a entonné un chant devant un public qui a choisi de garder le silence pour l’écouter.
« Sans nous, aucune musique n’est possible »
Au-delà de la récompense personnelle, Angélique Kidjo a profité de cette tribune pour rappeler le rôle central de l’Afrique dans l’histoire de la musique mondiale.
Pour la chanteuse, le continent africain n’a pas toujours reçu la reconnaissance correspondant à son apport. Elle a ainsi estimé que les Africains eux-mêmes mesurent parfois difficilement l’ampleur de ce qu’ils ont transmis au reste du monde. Son message s’est conclu par une affirmation forte : « sans nous, aucune musique n’est possible sur cette planète ».
À 66 ans, Angélique Kidjo peut s’appuyer sur une carrière de plus de quatre décennies. Son parcours compte cinq Grammy Awards et dix-huit albums. Sa notoriété internationale s’était notamment affirmée en 1995 avec une nomination liée à son clip « Agolo », avant qu’elle ne décroche son premier Grammy en 2008.
Plusieurs de ses œuvres ont également rencontré un succès majeur dans les classements internationaux. « Djin Djin », paru en 2007, « Eve », sorti en 2014, et « Logozo », publié en 1991, ont tous trois atteint la première place du classement Billboard consacré aux musiques du monde.
Du Bénin à Paris, puis aux États-Unis
L’histoire d’Angélique Kidjo commence en 1960 dans l’ancien Dahomey, aujourd’hui le Bénin. En 1983, elle quitte son pays pour s’installer à Paris, dans un contexte marqué par les restrictions du régime communiste alors au pouvoir.
Son parcours se poursuit ensuite aux États-Unis, à Brooklyn, où elle développe une nouvelle étape de sa carrière. Elle y enregistre notamment une trilogie composée de « Oremi », « Black Ivory Soul » et « Oyaya! ». Ces albums témoignent de son ouverture à différentes influences, notamment celles venues des Caraïbes et de l’Amérique du Sud.
La chanteuse ne s’est pas limitée à la scène musicale. Elle s’est également aventurée dans le cinéma, participant notamment à la bande originale de « The Woman King », pour laquelle elle a coécrit une chanson avec Viola Davis.
Une distinction qui résonne avec l’évolution de la musique africaine
L’étoile décrochée par Angélique Kidjo prend une dimension particulière lorsqu’on la replace dans l’histoire du Hollywood Walk of Fame. En 2005, l’actrice Charlize Theron, née en Afrique du Sud, avait déjà reçu une étoile. Mais, vingt et un ans plus tard, Kidjo devient la première artiste noire du continent africain à obtenir cette distinction.
Son hommage intervient alors que les musiques africaines connaissent une visibilité internationale grandissante. Une nouvelle génération d’artistes venus du continent s’impose progressivement sur les scènes du monde entier.
Avec cette étoile, Angélique Kidjo ne célèbre donc pas uniquement son propre parcours. Elle met également en lumière une histoire musicale africaine dont elle considère l’influence comme fondamentale dans la construction de la musique mondiale.
Thom Biakpa




