Le Tchad a décidé de s’impliquer davantage dans la crise sécuritaire haïtienne en annonçant l’envoi de 1.500 membres de ses forces de défense et de sécurité. Cette contribution s’inscrit dans une initiative internationale soutenue par les Nations unies pour tenter d’endiguer l’emprise croissante des gangs armés sur le pays.
L’annonce a été faite par le président Mahamat Idriss Déby devant les parlementaires. Le contingent tchadien sera composé de deux bataillons de 750 hommes. Une première vague, estimée à 400 soldats, serait déjà sur le terrain. Ces troupes doivent rejoindre une force multinationale chargée d’appuyer la police haïtienne dans ses opérations contre les groupes criminels.
Depuis plusieurs années, Haïti s’enfonce dans une spirale de violence. Les gangs, responsables de nombreux enlèvements, assassinats et violences sexuelles, contrôlent aujourd’hui l’essentiel de la capitale Port-au-Prince et étendent progressivement leur influence au reste du territoire. Cette situation fragilise encore davantage un État déjà affaibli.
La nouvelle force, appelée à succéder à la précédente mission dirigée par le Kenya, pourrait atteindre jusqu’à 5.500 membres issus de différents pays. Le Tchad met en avant son expérience dans les opérations extérieures, notamment dans la lutte contre les groupes armés en Afrique, pour justifier son engagement.
Sur le plan humanitaire, la situation reste alarmante. Des milliers de personnes ont perdu la vie en moins d’un an, tandis que des millions d’Haïtiens vivent dans des conditions précaires, pris au piège d’une insécurité persistante. Cette intervention internationale apparaît ainsi comme une tentative urgente de stabilisation, même si ses résultats restent encore incertains.
Thom Biakpa




