Arrêté à Pretoria à la mi-avril, l’activiste et influenceur Kemi Seba demeure en détention provisoire, alors que son sort judiciaire continue de susciter de vives tensions. Initialement attendue cette semaine, la décision concernant une éventuelle libération sous caution a été repoussée au 11 mai par la justice sud-africaine.
Lors de l’audience tenue mercredi, le tribunal a choisi de différer son jugement, prolongeant ainsi l’incertitude autour de l’activiste. Le ministère public s’oppose fermement à sa remise en liberté, avançant des accusations graves, notamment une implication présumée dans des projets d’attaques terroristes en Europe. Des allégations que l’intéressé conteste catégoriquement, tout comme son équipe de défense, qui dénonce un dossier à charge.
L’interpellation de Kemi Seba s’inscrit dans un contexte déjà sensible. Les autorités affirment qu’il tentait de quitter clandestinement le territoire sud-africain après l’expiration de son visa. L’opération ayant conduit à son arrestation aurait impliqué une infiltration, avec la participation d’un militant sud-africain soupçonné d’avoir organisé un passage illégal vers le Zimbabwe.
Au-delà des circonstances de l’arrestation, l’affaire prend une dimension internationale. Les enquêteurs indiquent avoir saisi d’importantes sommes d’argent, dont l’origine fait l’objet d’investigations. Des pistes évoquent notamment d’éventuels liens avec la Russie, sans qu’aucune conclusion officielle n’ait encore été rendue publique.
Parallèlement, le Bénin a formulé une demande d’extradition, accusant l’activiste d’avoir soutenu une tentative de coup d’État sur son territoire en décembre dernier.
Personnalité clivante, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, s’est imposé comme une figure influente, notamment auprès de certains mouvements panafricanistes et de régimes militaires au Sahel. Déchu de sa nationalité française en 2024, il dispose désormais d’un passeport diplomatique nigérien et a récemment sollicité l’asile politique en Afrique du Sud.
Dans ce contexte mêlant enjeux judiciaires, politiques et diplomatiques, la décision attendue le 11 mai pourrait marquer un tournant déterminant. D’ici là, l’activiste reste derrière les barreaux, au centre d’une affaire aux multiples ramifications.
Thom Biakpa




