En visite au Cameroun dans le cadre de sa tournée africaine, le Pape Léon XIV s’est rendu ce jeudi 16 avril 2026 à Bamenda, une région marquée par une décennie de violences. Dans cette ville symbole des tensions entre le pouvoir central et les groupes séparatistes, le souverain pontife a livré un message sans ambiguïté : la paix ne peut plus attendre.
Dès son arrivée à la cathédrale Saint-Joseph, une foule dense et enthousiaste s’est rassemblée pour accueillir le Pape, dans une ambiance mêlant ferveur religieuse et espoir palpable. Leaders religieux de diverses confessions, chefs traditionnels et fidèles ordinaires ont pris part à une rencontre interreligieuse axée sur la réconciliation.
Les témoignages ont donné le ton. Une religieuse engagée sur le terrain et un jeune ayant perdu plusieurs proches dans le conflit ont rappelé la réalité brutale que vivent les populations locales. Face à ces récits, Léon XIV a adopté un discours à la fois grave et mobilisateur.
Citant les Béatitudes, il a salué « les artisans de paix » tout en condamnant fermement ceux qui instrumentalisent la foi : une critique à peine voilée des violences attribuées notamment au groupe Boko Haram dans le nord du pays. Le pape a également dénoncé les acteurs du conflit anglophone, pointant du doigt « les seigneurs de la guerre » responsables de souffrances durables.
Au-delà des paroles, le choix du lieu pour la messe prévue dans la journée renforce la portée symbolique de cette visite. L’aéroport de Bamenda, théâtre d’attaques en 2019 et resté fermé depuis, rouvre exceptionnellement pour accueillir la célébration. Un geste fort, dans un espace autrefois marqué par la violence.
Cette étape camerounaise s’inscrit dans une tournée africaine plus large, après une première escale en Algérie et avant des visites en Angola et en Guinée équatoriale. Reçu à Yaoundé par le président Paul Biya, Léon XIV avait déjà appelé à lutter contre la corruption et à un sursaut moral.
À Bamenda, son message prend une dimension plus urgente encore : face à la spirale de violence, seule une volonté collective de paix pourra ouvrir la voie à la reconstruction.
Thom Biakpa




