En Côte d’Ivoire, l’affaire impliquant l’opposant Assalé Tiémoko a connu un tournant inattendu. Convoqué et entendu à la préfecture de police, il n’a finalement pas été placé en garde à vue, les autorités ayant pris en compte la dégradation de son état de santé survenue au cours de l’audition.
Selon son entourage politique, notamment au sein du mouvement Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), cette procédure ferait suite à des déclarations publiques récentes. Le journaliste de formation avait notamment accordé, le mois précédent, une interview dans un podcast où il évoquait des pressions présumées après une rencontre avec l’ancien président Laurent Gbagbo. Il y affirmait avoir reçu des menaces à peine un jour après cet échange, survenu quelques semaines avant l’élection présidentielle.
Au cours de cette même intervention médiatique, Assalé Tiémoko avait également exprimé des critiques ouvertes à l’égard de la gestion du pays, des propos qu’il a relayés à plusieurs reprises sur ses réseaux sociaux.
Sur le plan judiciaire, plusieurs accusations pèsent sur lui. D’après son avocate, il est notamment poursuivi pour discrédit jeté sur les institutions, diffusion de fausses informations par voie numérique, atteinte à l’ordre public et incitation à la révolte.
Du côté de son parti, ces poursuites sont perçues comme une tentative de museler une voix critique. Roger Youan, cadre du mouvement, dénonce une volonté de faire taire leur leader, défendant au contraire la nécessité d’un débat public franc et d’un engagement en faveur de la transparence et de l’État de droit.
Finalement, le procureur a décidé de ne pas maintenir la mesure de garde à vue, en raison de complications cardiovasculaires survenues pendant l’audition. Hospitalisé dans la foulée, Assalé Tiémoko devrait regagner son domicile après quelques jours de repos, tandis que la procédure judiciaire, elle, reste en cours.
Thom Biakpa




