Les États-Unis ont franchi un nouveau cap dans leur politique à l’égard de la crise en République démocratique du Congo en visant directement un ancien chef d’État. Le 30 avril, Office of Foreign Assets Control (OFAC), dépendant du Trésor américain, a annoncé des sanctions contre Joseph Kabila, accusé de jouer un rôle actif dans l’instabilité persistante à l’est du pays.
Selon Washington, l’ex-président congolais, au pouvoir de 2001 à 2019, aurait apporté un soutien au Mouvement du 23-Mars (M23), ainsi qu’à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), présentée comme sa branche politico-militaire. Ces groupes sont accusés d’alimenter les violences dans la région orientale, déjà marquée par des conflits chroniques, des déplacements massifs de population et des pertes civiles importantes.
Les autorités américaines affirment également que Joseph Kabila aurait séjourné à Goma, fief du M23, sous la protection du mouvement armé. Une accusation qui renforce les soupçons d’implication directe dans les dynamiques de déstabilisation du pays.
Cette décision s’inscrit dans un contexte judiciaire et diplomatique déjà tendu. En septembre 2025, la justice congolaise avait condamné l’ancien président à mort par contumace pour complicité avec le M23. Quelques semaines plus tard, un accord de paix fragile avait été conclu entre Kinshasa et Kigali sous médiation américaine, notamment sous l’impulsion de Donald Trump.
Pour Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, cette mesure envoie un message clair : toute tentative de déstabilisation devra être sanctionnée. Il a rappelé que ces décisions s’inscrivent dans la continuité des engagements pris dans le cadre des accords signés en décembre 2025, visant à promouvoir la paix et l’intégration économique régionale, notamment autour des ressources minières stratégiques.
Concrètement, les sanctions imposées par l’OFAC impliquent le gel de tous les avoirs éventuels de Joseph Kabila aux États-Unis. Elles interdisent également à toute personne ou entreprise américaine d’effectuer des transactions avec lui. Ces restrictions s’étendent aux entités qu’il détiendrait, directement ou indirectement, à hauteur de 50 % ou plus.
Par cette اقدام, Washington renforce la pression sur les acteurs jugés responsables de l’instabilité en RDC, tout en affirmant son rôle dans les efforts diplomatiques et économiques visant à stabiliser la région des Grands Lacs.
Thom Biakpa




