Le Ghana a annoncé la construction prochaine d’un port de pêche moderne dans le district de Shama, dans la région Occidentale du pays, une infrastructure destinée à redynamiser un secteur halieutique en déclin depuis plusieurs années. L’annonce a été faite le 10 juin par la ministre de la Pêche et de l’Aquaculture, Emelia Arthur, qui a précisé que les préparatifs du projet étaient déjà à un stade avancé.
Selon la ministre, le futur port doit améliorer les opérations de débarquement et de manutention du poisson, créer des emplois et stimuler la croissance économique locale. Les détails relatifs au coût et au calendrier de réalisation du projet n’ont pas encore été communiqués, mais l’infrastructure devrait renforcer le poids de la région Occidentale, qui concentre déjà 33% des sites de débarquement de poissons et 25% des infrastructures portuaires halieutiques du pays.
Le secteur de la pêche ghanéen, dominé par l’activité artisanale, traverse une période difficile. Les captures nationales, qui avaient culminé à près de 497 000 tonnes en 1999, ont reculé de 22,6% pour s’établir à environ 384 000 tonnes en 2023, selon les données de la FAO. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin, notamment la surpêche liée à l’augmentation du nombre de bateaux artisanaux, semi-industriels et industriels, la persistance de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, ainsi que le changement climatique, qui perturbe les écosystèmes marins et la productivité des eaux côtières.
Le pays compte aujourd’hui près de 14 300 navires de pêche, dont 97% relèvent de la pêche artisanale, répartis sur environ 263 sites de débarquement dans quatre régions côtières. Dans ce contexte, le projet de Shama traduit la volonté des autorités ghanéennes de mieux encadrer l’exploitation des ressources halieutiques et d’accompagner la transition vers une gestion plus durable des stocks.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large de modernisation des infrastructures de pêche en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays côtiers investissent dans des ports et des installations de débarquement pour limiter les pertes post-capture, structurer la chaîne de valeur halieutique et sécuriser les revenus des communautés côtières qui dépendent de cette activité.




