À l’entrée de Bamako, la tension sécuritaire franchit un nouveau cap. Samedi 16 mai, plusieurs autobus de transport ont été réduits en cendres sur l’axe reliant la capitale malienne à Ségou, dans la zone de la forêt classée de Faya. L’attaque, menée par des hommes armés, illustre l’emprise croissante des groupes jihadistes sur les principaux corridors routiers du pays.
D’après des témoignages recueillis sur place, les assaillants ont stoppé un convoi de voyageurs avant d’ordonner aux passagers d’évacuer les véhicules. Quelques instants plus tard, plusieurs cars ont été incendiés. Des coups de feu auraient été tirés au moment de l’intervention, notamment contre certains chauffeurs qui tardaient à s’exécuter.
Le bilan exact reste encore flou, mais des sources locales font état de plusieurs blessés. Au moins sept bus auraient été entièrement détruits lors de cette opération qui a provoqué un mouvement de panique parmi les voyageurs.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de forte dégradation sécuritaire autour de Bamako. Depuis la fin du mois d’avril, des groupes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), proche d’Al-Qaïda, multiplient les actions visant à isoler la capitale.
Plusieurs routes stratégiques sont désormais sous pression, compliquant les déplacements et le transport de marchandises.
Le blocus imposé par les jihadistes commence par ailleurs, à produire des effets économiques visibles. À quelques semaines de la Tabaski, l’approvisionnement en bétail devient de plus en plus difficile. Des camions transportant des moutons auraient également été pris pour cible ces derniers jours, aggravant les craintes de pénuries sur les marchés de Bamako.
Face à cette situation, les habitants et les commerçants redoutent une hausse des prix ainsi qu’une aggravation de l’insécurité sur les axes routiers majeurs du pays.
Thom Biakpa




