L’Organisation des Nations unies a exprimé sa profonde inquiétude après de nouvelles bavures militaires survenues dans le nord du Nigeria, où des frappes attribuées aux armées nigériane et tchadienne auraient provoqué la mort de nombreux civils. Face à l’ampleur du drame, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé ce mercredi 13 mai à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies afin de faire toute la lumière sur ces événements tragiques.
Dans l’État de Zamfara, au nord-ouest du Nigeria, un bombardement ayant visé un marché local le dimanche 10 mai a causé un lourd bilan humain. Selon des responsables communautaires, au moins 72 personnes ont perdu la vie. De son côté, Amnesty International Nigeria avance un chiffre encore plus alarmant, évoquant la mort d’au moins 100 civils ainsi que plusieurs blessés.
Volker Türk s’est dit profondément choqué par ces informations faisant état de victimes civiles massives. Il a rappelé que les populations civiles et leurs biens ne doivent en aucun cas être pris pour cible lors d’opérations militaires, conformément au droit international humanitaire.
Le responsable onusien a également réagi aux frappes menées depuis plusieurs jours par l’armée tchadienne contre des positions présumées de Boko Haram situées sur des îles du lac Tchad, dans la région nord-est du Nigeria. Là encore, des informations font état d’un nombre important de victimes civiles, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.
L’ONU exhorte désormais les autorités nigérianes et tchadiennes à identifier les responsabilités et à sanctionner toute violation éventuelle des droits humains. Volker Türk a insisté sur la nécessité pour les forces armées des deux pays de redoubler de vigilance lors de leurs opérations afin d’éviter de nouvelles pertes parmi les populations civiles déjà durement affectées par l’insécurité et les violences armées.
Thom Biakpa




