À Kinshasa, la mobilisation politique a pris une tournure spectaculaire ce lundi, alors que plusieurs milliers de partisans de la majorité présidentielle ont investi les rues pour afficher leur soutien aux sanctions américaines visant l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.
Cette démonstration de force, orchestrée par des formations proches du président Félix Tshisekedi, s’est déployée sur le boulevard Triomphal, artère emblématique de la capitale.
Dans une ambiance mêlant ferveur politique et symbolisme international, des drapeaux congolais côtoyaient ceux des États-Unis, tandis que des effigies de Donald Trump apparaissaient aux côtés de celles du chef de l’État congolais.
Au cœur de cette mobilisation, une prise de position claire : appuyer la décision de Washington, qui accuse Joseph Kabila de soutenir le M23, un groupe armé actif dans l’est du pays et soupçonné d’entretenir des liens avec le Rwanda. Les autorités américaines reprochent à l’ancien président un rôle dans le financement et la déstabilisation persistante de la République démocratique du Congo.
Face à ces accusations, Joseph Kabila maintient une ligne de défense ferme. Il dénonce des mesures arbitraires et rejette toute implication dans les activités du M23, affirmant poursuivre son engagement politique malgré les pressions internationales.
Du côté du pouvoir en place, la réaction est tout autre. Le gouvernement congolais salue une initiative qu’il considère comme un pas significatif dans la lutte contre l’impunité. Dans les rangs des manifestants, ce sentiment est largement partagé : certains y voient une reconnaissance internationale des responsabilités présumées de l’ancien président dans les violences qui secouent l’est du pays.
Cette crise politique s’inscrit dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu.
Depuis 2025, le M23 a intensifié ses offensives, consolidant son emprise sur plusieurs zones stratégiques, notamment autour de Goma, où Joseph Kabila est brièvement réapparu sur la scène publique après des années de discrétion.
Parallèlement, les relations entre la RDC et le Rwanda restent fragiles. Malgré un accord de paix signé à Washington sous médiation américaine, les combats persistent sur le terrain, révélant la complexité d’un conflit impliquant de multiples groupes armés et des intérêts régionaux imbriqués.
Au-delà de la dimension sécuritaire, l’enjeu est aussi économique. L’accord soutenu par les États-Unis inclut un volet stratégique visant à garantir l’accès des entreprises américaines aux ressources minières congolaises, essentielles à l’industrie mondiale.
Dans ce contexte, la manifestation de Kinshasa apparaît comme bien plus qu’un simple rassemblement. Elle reflète les profondes fractures politiques internes et l’influence croissante des acteurs internationaux dans les dynamiques congolaises.
Thom Biakpa




