La République démocratique du Congo ( RDC) fait une nouvelle fois face à une menace sanitaire majeure. Une épidémie d’Ebola vient d’être signalée dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays, selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Cette résurgence du virus intervient dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et les déplacements de populations, compliquant considérablement les efforts de riposte.
D’après les premières informations communiquées par l’institution sanitaire africaine, plus de 240 cas suspects ont été recensés dans plusieurs localités de l’Ituri, tandis qu’au moins 65 décès ont déjà été enregistrés. Les autorités sanitaires ont envoyé une vingtaine d’échantillons à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa pour analyses. Treize d’entre eux se sont révélés positifs au virus Ebola.
Les foyers les plus touchés se situent dans les zones de santé de Mongwalu et de Rwampara, à proximité des territoires de Djugu et d’Irumu. Cette partie orientale du pays partage des frontières avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, deux États régulièrement exposés aux risques d’épidémies liées aux fièvres hémorragiques virales, notamment Ebola et le virus Marburg.
Les premiers cas mortels remonteraient au mois d’avril. Selon des rapports sanitaires provinciaux, une hausse inhabituelle des décès associés à des symptômes de fièvre hémorragique avait déjà été observée dans la région avant que l’alerte ne soit officiellement lancée. La mortalité aurait continué à progresser durant le mois de mai, poussant les équipes médicales à intensifier les investigations.
À ce stade, les spécialistes ne connaissent pas encore avec précision la souche exacte du virus responsable de cette nouvelle flambée. Toutefois, les analyses préliminaires indiquent qu’il ne s’agirait pas de la souche Zaïre, impliquée dans une précédente épidémie enregistrée l’an dernier dans le Kasaï.
La situation sécuritaire en Ituri constitue un défi majeur pour les autorités sanitaires. Cette province est régulièrement secouée par des violences armées qui limitent l’accès de certaines zones aux équipes médicales et humanitaires. Le déploiement des dispositifs de surveillance, d’isolement et de vaccination pourrait donc être ralenti par l’instabilité persistante sur le terrain.
Face au risque de propagation transfrontalière, l’Africa CDC a annoncé la tenue d’une réunion d’urgence avec les autorités congolaises, ougandaises et sud-soudanaises afin de coordonner la réponse régionale. Un point de presse devait également être organisé à Addis-Abeba pour détailler l’évolution de la situation et les mesures envisagées.
Le virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Les symptômes les plus fréquents incluent une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées, des douleurs musculaires ainsi que des saignements dans les formes graves. La période d’incubation varie généralement entre deux et vingt-et-un jours, et les malades ne deviennent contagieux qu’après l’apparition des premiers symptômes.
Cette nouvelle flambée rappelle la vulnérabilité persistante de certaines régions d’Afrique centrale face aux épidémies, dans un contexte où les systèmes de santé restent fragiles et souvent confrontés à des crises sécuritaires simultanées.
Thom Biakpa




