Alors que l’armée soudanaise affirme avoir repris le contrôle de Khartoum depuis mars 2025, le conflit qui ravage le Soudan depuis plus de deux ans est loin de connaître une issue. Le chef des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdane Daglo, a réaffirmé la détermination de ses troupes à poursuivre les combats aussi longtemps que nécessaire, laissant planer la menace d’une guerre prolongée.
Dans une vidéo relayée mercredi soir par plusieurs médias soudanais, le dirigeant paramilitaire a assuré que ses combattants restaient présents autour d’Omdourman, ville située en face de la capitale soudanaise. Selon lui, les FSR ne comptent pas abandonner le terrain malgré les avancées militaires de l’armée régulière.
« Nous ne voulons pas que cette guerre continue », a déclaré Mohamed Hamdane Daglo, avant d’ajouter que si l’armée soudanaise souhaitait prolonger les affrontements pendant « 40 ans », ses hommes poursuivraient le combat « jusqu’à ce qu’ils soient déracinés ». Des propos qui illustrent l’enlisement du conflit et la profondeur des divisions entre les deux camps.
Malgré l’annonce de la reprise de Khartoum par l’armée, la situation sécuritaire demeure extrêmement fragile dans la capitale et ses environs. Ces dernières semaines, plusieurs frappes de drones ont visé différents secteurs de Khartoum et d’Omdourman, provoquant la mort de civils et d’importants dégâts matériels.
Des sources locales rapportent notamment que des attaques ont touché le sud d’Omdourman, endommageant un hôpital ainsi que l’aéroport de la capitale. Ces violences alimentent davantage l’inquiétude de la population, déjà éprouvée par des mois de combats, de déplacements massifs et une grave crise humanitaire.
Les autorités soudanaises accusent par ailleurs, l’Éthiopie et les Émirats arabes unis d’avoir apporté un soutien à certaines opérations militaires menées depuis le territoire éthiopien. Des accusations fermement rejetées par les deux pays.
Alors que les efforts diplomatiques peinent à produire des résultats concrets, les déclarations du chef des FSR laissent craindre une nouvelle phase d’escalade dans un conflit qui continue de déstabiliser profondément le Soudan et l’ensemble de la région.
Thom Biakpa




