Au Tchad, la tension politique franchit un nouveau cap. Huit figures de l’opposition ont été condamnées vendredi 8 mai à huit ans de prison ferme par la justice tchadienne, à l’issue d’une procédure dénoncée par leurs avocats comme étant à caractère politique. Les condamnés appartiennent au Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), principale coalition d’opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno.
Ces opposants avaient été arrêtés à la fin du mois d’avril, quelques jours avant une marche de protestation prévue le 2 mai à N’Djamena. La manifestation, organisée par le GCAP pour dénoncer la situation politique du pays, avait finalement été interdite par les autorités après la dissolution de la coalition par la Cour suprême tchadienne.
Les huit prévenus faisaient face à de lourdes accusations, parmi lesquelles « association de malfaiteurs », « mouvement insurrectionnel », « rébellion » et « détention illégale d’armes de guerre ». Après plusieurs jours passés à la Coordination de la police judiciaire, ils avaient été placés sous mandat de dépôt puis transférés à la prison de Klessoum, dans la capitale tchadienne.
Le verdict rendu vendredi suscite une vive réaction au sein de l’opposition. Me Moussa Adoum, avocat des condamnés, a dénoncé une décision reposant, selon lui, sur « des infractions inexistantes ». Pour la défense, ce procès illustre une instrumentalisation de la justice dans un contexte de crispation politique croissante au Tchad. L’avocat a annoncé son intention de saisir la cour d’appel de N’Djamena afin de contester cette condamnation.
Depuis plusieurs semaines, les relations entre le pouvoir et les partis d’opposition se sont fortement détériorées. Plusieurs responsables politiques dénoncent un rétrécissement de l’espace démocratique et des atteintes répétées aux libertés publiques. De son côté, le gouvernement affirme agir pour préserver l’ordre public et empêcher toute tentative de déstabilisation des institutions.
Thom Biakpa




