Le Tchad traverse de nouvelles heures sombres. Les autorités ont annoncé mercredi soir un deuil national de trois jours à la suite de plusieurs attaques meurtrières attribuées aux combattants de Boko Haram dans la province du Lac, une région régulièrement frappée par les violences jihadistes.
La décision du gouvernement intervient après une embuscade meurtrière survenue mercredi dans la zone insulaire du lac Tchad. D’après des sources militaires, des unités des forces de défense effectuaient une mission de patrouille lorsqu’elles ont été prises pour cible par des assaillants armés. L’attaque a coûté la vie à au moins deux généraux tchadiens, illustrant une nouvelle fois la gravité de l’insécurité qui persiste dans cette partie stratégique du pays.
Cet épisode dramatique survient à peine quarante-huit heures après une autre offensive particulièrement violente. Lundi soir, des jihadistes avaient attaqué la base militaire de Barka Tolorom, provoquant la mort d’au moins vingt-quatre soldats tchadiens. Cette succession d’attaques montre la capacité des groupes armés à frapper de manière répétée malgré les opérations militaires menées dans la région.
Face à cette situation, les autorités tchadiennes ont choisi de rendre hommage aux victimes à travers un deuil national observé du 6 au 9 mai à minuit. Pendant cette période, les drapeaux resteront en berne sur l’ensemble du territoire tandis que les manifestations festives et célébrations publiques seront suspendues.
Le président Mahamat Idriss Déby Itno a réaffirmé la volonté de l’État de poursuivre la lutte contre les groupes jihadistes opérant autour du lac Tchad. Le chef de l’État a promis une réponse ferme et une mobilisation renforcée des forces de sécurité, afin de contenir la menace dans cette région sensible.
Depuis plus d’une décennie, le bassin du lac Tchad demeure l’un des principaux foyers d’instabilité en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Les combattants de Boko Haram ainsi que ceux de l’Iswap, affilié à l’organisation État islamique, profitent de la géographie complexe de la zone composée d’îlots, de marécages et de frontières poreuses, pour mener leurs opérations et échapper aux offensives militaires.
Située au carrefour du Tchad, du Nigeria, du Niger et du Cameroun, cette région stratégique reste particulièrement difficile à sécuriser. Malgré les efforts conjoints des pays riverains, les attaques contre les positions militaires et les populations civiles continuent de se multiplier, alimentant un climat d’inquiétude permanent pour les habitants du bassin du lac Tchad.
Thom Biakpa




