mardi, juillet 28, 2026
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Gabon-France : Affaire des biens mal acquis, neuf enfants de feu Omar Bongo et la première dame du Congo-Brazza, bientôt devant le tribunal correctionnel de Paris

C’est une nouvelle étape vers un procès dans le volet gabonais de l’affaire dite des « Biens mal acquis » en France, des biens qui auraient été achetés via de l’argent public détourné pour un patrimoine évalué par la justice française à 85 millions d’euros environ. Le Parquet national financier (PNF) vient de demander le renvoi devant le tribunal correctionnel de cinq sociétés et de 18 personnes physiques, principalement des membres de la famille Bongo qui a dirigé le Gabon de 1967 à 2023.

Parmi les personnes pour qui le Parquet national financier (PNF) demande un procès figurent neuf des enfants d’Omar Bongo, président du Gabon de 1967 à 2009.

Parmi les plus connus, l’on retrouve Pascaline Bongo, l’aînée, qui était sa directrice de cabinet. Propriétaire de plusieurs appartements dans les quartiers les plus côtés de Paris, elle est poursuivie pour recel de détournement de fonds publics, de blanchiment, de corruption active et passive et d’abus de biens sociaux.

Neuf enfants, une Première dame, une ex-Miss France

Il y a aussi Omar Denis Junior, qui vient de célébrer un mariage à grand frais au Gabon. L’ancien président Ali Bongo (2009-2023) n’est, lui, pas visé dans cette procédure.

Figurent en revanche dans le réquisitoire la première dame du Congo-Brazzaville, Antoinette Sassou-Nguesso, et Sonia Rolland. Cette ex-Miss France a reçu un appartement en 2003 d’Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo. Un « cadeau », selon elle.

Une banque et des sociétés visées

Parmi les personnes morales : la banque BNP-Paribas aurait converti au moins 35 millions d’euros d’origine délictuelle, et quatre sociétés immobilières auraient bénéficié de dizaines de millions d’euros injectés par les Bongo. En particulier, une entreprise gabonaise de décoration intérieure (Atelier 74), créée en 1987 et chargée jusqu’en 2009 de trouver des biens immobiliers pour la famille Bongo et de les rénover. Cette société aurait encaissé plus de 53 millions d’euros en espèces, selon le dossier.

BNP Paribas conteste toute responsabilité, alors qu’un de ses dirigeants avait reconnu devant les enquêteurs un « raté » dans les contrôles.

Quant aux défenseurs des Bongo, ils dénoncent depuis le lancement de l’affaire il y a près de 20 ans des dossiers politiques visant à la confiscation des biens, l’enquête préliminaire ayant été ouverte en 2010, mais les premières plaintes d’ONG datant de 2007 et 2008.

Cinquante-deux biens immobiliers saisis

Ce sont au total 52 biens immobiliers qui ont été saisis par la justice dans cette affaire. Charge désormais au magistrat instructeur d’organiser ou non un procès.

Pour rappel, dans un premier procès de biens mal acquis par des dirigeant africain, le vice-président équato-guinéen Teodorin Obiang Nguema a été condamné en appel en 2020 à 3 ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende.

Thom Biakpa

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